Dimanche 5 juillet 2009

Etre pigiste pour un magazine de tourisme n'a qu'un seul inconvénient...
Attendez... Non, en fait, être pigiste pour un magazine de tourisme comportent deux inconvénients :
- La rédaction n'appelle jamais assez souvent pour proposer un reportage à l'autre boute de la planète...
- Une fois le voyage fait, l'article est écrit et... Il est toujours trop long ! Il y en a toujours trop.
Résultat : Article coupé et raccourci dans le meilleur des cas...
Mais, il arrive parfois aussi que l'article, ou une partie du reportage, ne soit pas publié du tout...
Ca arrive !... Changements de dernières minutes... Plus de place... Finalement, c'est le sujet sur les danses folkloriques de Vendée...
Et, c'est ainsi que des pages et des pages, écrites avec admiration et conviction, se retrouvent abandonnées quelque part, dans un dossier au fin fond du disque dur de l'ordinateur...

Alors, quoi ?... On en fait quoi, de tous ces mots ?... On ne va pas les jeter quand même...
Voici quelques pages qui devaient être publliées en complément d'un grand article sur New York.
Et puis, finalement, il n'y avait plus de place !

 

New York, une ville mythique en 10 symboles

 
Mythe : Récit mettant en scène des êtres surnaturels, des actions imaginaires, des fantasmes collectifs, etc…

Synonymes : légende, saga, rêve

1 – Un monde nouveau : LA STATUE DE
LA LIBERTE

Les immigrants du 19è siècle savaient que leur nouvelle vie commençait quand qu’ils apercevaient cette imposante Dame, debout dans le port de New York, le bras levé, tenant fermement sa torche dorée.
Symbole de "La Liberté éclairant le Monde", l'oeuvre de Frédéric-Auguste Bartholdi fut offerte par la France à la jeune Nation afin de symboliser l'amitié entre les peuples.
Au cours du 19è siècle et jusque dans la première partie du 20è siècle, la Statue de la Liberté a vue défiler à ses pieds plus de 12 millions d’immigrants, candidats à une vie qu’ils espéraient meilleure.
Sur son socle, un poème proclame : « Donnez-moi ces masses de misère, épuisées/Blotties, avides d’air libre ».
Quelques encablures plus loin, sur Ellis Island, anciennement lieu de « triage » des nouveaux arrivants et, à présent, Musée de l’Immigration, quelques mots d’un immigré anonyme répondent douloureusement à ces bonnes intentions.
« Quand je suis arrivé, je pensais que les rues étaient pavées d’or. Je me suis vite aperçu qu’il n’y avait pas d’or, pas de rue, à peine quelques chemins et qu’on attendait de moi que j’y pose des pavés… ».

2 – Le modèle du capitalisme flamboyant :
WALL STREET

En plein cœur du Financial District, Wall Street, et la Bourse de New York donnent le “La” de la situation économique de la planète.

Wall Street s’élève à l’emplacement du mur construit par les Hollandais pour délimiter leur territoire et se défendre de l’attaque des Indiens.

C’est aujourd’hui une rue austère, arpentée par des messieurs en costumes sombres, l’air plus ou moins préoccupé, selon l’état de la Bourse… Il faut dire que les Marchés du monde entier ont les yeux tournés vers le New York Stock Exchange.

Ne dit-on pas que si la Bourse de New York s’enrhume, le reste du monde éternue ?...

3 – L'Avenue la plus prestigieuse du monde :
5th AVENUE


L’Avenue de tous les superlatifs : la plus longue, la plus célèbre, la plus somptueuse, la plus chic, la plus chère…
Incarnation parfaite du rêve américain, la 5th Avenue est une vitrine. Il est question de prestige, bien sûr. Tous les goûts sont dans la nature, certes, mais reconnaissons que Chanel, Dior et Dolce&Gabana posent un décor !...
Mais, il est avant tout, et surtout, question d’argent.
La 5th démarre modestement Downtown, au Washington Square, puis monte en ligne droite vers le Nord. Plus on s’approche de Central Park, plus le rêve américain prend la forme d’une carte de crédit Gold avec plafond illimité. Le long du Park, les magnifiques demeures du 19è siècle entretiennent  la légende des familles richissimes qui les ont bâtis : les Vanderbilt, Astor, Rockfeller et consorts... Avant de retomber dans l’anonymat le plus quelconque, la 5th Avenue offre une enclave magique où, on peut toujours le rêver, tout le monde est millionnaire, s’habille Haute Couture avant de rentrer dans son magnifique hôtel particulier afin de préparer le prochain gala de charité de la bonne société…


4 – La tête dans les étoiles : L’EMPIRE STATE BUILDING

Au terme « Building », on peut préférer celui, nettement plus évocateur et poétique, de « Skyscrapper », Gratte-Ciel.

Juste avant le krach boursier de 1929, Manhattan connut une période d’expansion économique sans précédent. On assista alors à un concours d’un genre un peu particulier : celui de l’immeuble le plus haut !

En 1928, deux architectes, Severance et Van Alen, se livrèrent à un combat impitoyable. Qui, de l’Empire State Building ou du Chrysler Building allait remporter le titre d’immeuble « le plus haut du monde » ?

L’Empire State Building partit en tête. Avec méthode, il aligna les étages. A mi-course, les dés semblaient jetés. Le Chrysler était distancé. Piqué au vif, son commanditaire, Walter Chrysler, exigea un coup de collier.  Petit à petit, le Chrysler grimpa jusqu’à 282 mètres. Ca ne suffisait toujours pas. L’Empire State Building se préparait à monter sur la première marche du podium. C’est alors que le Chrysler sorti un as de sa manche : une flèche en acier de 56 mètres ! Grâce à elle, le Chrysler Building, le 28 Mai 1930, emporta le record du monde de hauteur avec 319 mètres.
Son triomphe fut de courte durée. Furieux de ce coup de Jarnac, l’Empire State Building refusa d’abandonner la partie. Moins d’un an après le couronnement de son rival, il établit un nouveau record : 381 mètres !
Reconnaissant sa défaite, le Chrysler dû se contenter du titre de « plus bel immeuble Art Déco » du monde !...
Depuis ce concours hors normes, l’Empire State Building a été détrôné. Il n’est plus qu’en sixième position sur la liste des immeubles les plus hauts du monde. Qu’importe… C’est toujours le Roi des Gratte-Ciel !  Soyons honnête : qui est en mesure de citer les cinq premiers ?...

5 – Toujours une longeur d'avance :
LE MUSEE GUGGENHEIM

En 1927, Solomon R. Guggenheim, milliardaire, amateur d’art abstrait et collectionneur, acheta trois toiles de Vassili Kandinsky. Suivirent des œuvres de Marc Chagall, Paul Klee, Fernand Léger, Modigliani…

En 1943, ce richissime visionnaire voulu un écrin pour abriter et exposer ses trésors. Cette tâche fut confiée à Frank Wright, architecte d’avant-garde.

16 ans plus tard, le Musée Guggenheim ouvrait ses portes dans l’Upper East Side.

Avec son architecture tout en courbe, ce bâtiment suscita autant de moqueries que d’enthousiasme. « La toupie ! », « « Le navet ! », entendait-on d’un côté. « L’une des réalisations les plus grandioses du XXè siècle ! » répondait-on de l’autre.

Aujourd’hui, la controverse est close : le Solomon R. Guggenheim Museum est unanimement considérée comme un chef d’œuvre.

Ovni architectural, situé sur la 5th Avenue, en face de Central Park, le Musée, outre des expositions temporaires, abrite la plus grande collection au monde de tableaux de Kandinsky.

6 – All That Jazz ! :
TIME SQUARE


Les néons et les stars illuminent Broadway. Et attirent tous les papillons de nuit en quête de gloire, de célébrité et de succès… Une certaine forme d’immortalité, en quelque sorte !
Mais, qu’on ne s’y trompe pas : tout à un prix !
Comme le disait la tyrannique professeur de danse du film « Fame » : « Vous voulez la gloire ?... Ca se paye ! En une seule monnaie : votre sueur !!!! »
All that jazz !!!! Que le spectacle commence !

7 –  Un ballet jaune :
YELLOW CABS

Jour et nuit, plus de 12000 taxis foncent à travers les rues de New York. 
Indissociables de l’image de la ville, les voitures jaunes imposent quotidiennement leur ballet.
Postez-vous à un coin de rue et levez le bras (Vous pouvez également vous permettre un bref « Taxi ! », voire un léger sifflement…). Pour le plaisir d’admirer la manœuvre audacieuse du chauffeur téméraire, prêt à toutes les queues de poissons pour s’arrêter devant vous avant ses concurrents !

 

8 – Un jardin paradisiaque :
CENTRAL PARK


Bouffée d’oxygène dans un univers urbain.
Ce qui frappe surtout à Central Park, c’est le luxe. Non pas le luxe ostentatoire d’infrastructures coûteuses ou d’essences particulièrement rares et spectaculaires.
Non ! Le simple luxe de l’espace. Dans cette ville surpeuplée, face à la spéculation immobilière, Central Park se permet 341 hectares de nature. Publique et gratuite !
Chapeau !

9 – Un pont entre les hommes :
BROOKLYN BRIDGE

L’un des plus beaux ponts du monde marie esthétique et prouesses technologiques.

Avec sa silhouette massive de vaisseau (impression renforcée par les milliers câbles se croisant tels des haubans), le Brooklyn Bridge enjambe les 500 mètres de l’Hudson et relie Manhattan à Brooklyn.

Né en 1852 dans l’imagination de John Augustus Roebling, un ingénieur d’origine allemande, le Brooklyn Bridge demanda 14 ans de travaux titanesques. Visionnaire, Roebling, usa sa santé dans la réalisation de son chef-d’œuvre.

L’ancrage des piliers dans le lit du fleuve se faisaient grâce à des caissons, grands coffres sans fond, ancrés au fond de l’eau, dans lesquels l’air sous pression empêchait l’eau d’entrer.
L’importance du  respect des paliers de décompression était, à l’époque, inconnue. Bon nombre d’ouvrier en firent les frais. Roebling, lui-même, paya cher cette ignorance. En 1872, victime du mal des profondeurs, il eu une attaque qui le cloua dans un fauteuil roulant. Chose exceptionnelle pour l’époque, sa femme, Emily, prit sa place en tant que « chef de chantier ».

10 - Futur mythe :
FREEDOM TOWER


La Freedom Tower sera la tour centrale du nouveau complexe qui s’élèvera sur Ground Zero, l’emplacement, laissé béant par l’anéantissement du World Trade Center, le 11 Septembre 2001.
La fin des travaux est prévue pour 2013. La Freedowm Tower atteindra 541 mètres, soit exactement la hauteur des Twin Towers, détruites dans les attentats.

Par agnesyob
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Dimanche 28 juin 2009

Bizarre aujourd’hui…

Parce que ça ne va pas du tout partir dans le sens prévu…

Voici ce qui était prévu en ce dimanche 28 Juin :

Un léger agacement en milieu de semaine a provoqué le choix du sujet d’aujourd’hui : Pourquoi les hommes sont-ils incompréhensibles ?...

Pas les hommes dans le sens large, l’humanité toute entière (qui, elle aussi, est parfois incompréhensible, mais on ne va pas trop la ramener, vu qu’on y contribue largement). Non, il s’agissait de décortiquer un maximum de comportements masculins qui échappent et échapperont toujours à la compréhension féminine.

Ca, c’était le sujet en or. Les comportements masculins qui échappent, et échapperont toujours, à la compréhension féminine, la liste est longue…

D’autre part, à force de donner son avis sur tout, et surtout sur des sujets qu’elle ne maîtrise pas du tout, l’auteur de ces lignes était bien contente de, pour une fois, disserter sur quelque chose qu’elle connaît parfaitement. A savoir : « Je ne comprends rien aux hommes ! Je n’ai jamais rien compris aux hommes. Je ne comprendrais sûrement jamais rien aux hommes !... ».

Quelle chance pour les lecteurs des « Chroniques d’Agnès ». Pour une fois, cette semaine, une spécialiste allait s’exprimer sur un sujet qui intéresse tout le monde : les unes pour ricaner en pensant à chaque ligne : « Ca, c’est bien vrai !... ». Les uns pour s’insurger, souffler et envoyer des commentaires disant que ce que les hommes ne comprennent pas chez les femmes, c’est pourquoi elles passent leur temps libre à se prendre la tête sur n’importe quoi.

D’autre part, ce qui était plaisant dans le choix du sujet d’aujourd’hui, c’est qu’il avait un petit côté « Carrie Bradshaw ». Carrie Bradshaw… L’héroïne de la série « Sex and the City » !… Pour mémoire, Carrie Bradshaw est belle, vit à New York, a une bande de copines très belles elles aussi et qui, elles aussi, vivent à New York. Carrie Bradshaw a la garde-robe la plus sensationnelle du monde, une collection de chaussures à tuer père et mère, une vie brillante au cœur d’une ville géniale et de nombreux amants. De temps en temps, quand elle ne fait pas de shopping ou ne couche pas avec l’un des ses amants, son travail consiste à écrire des chroniques décortiquant les relations hommes-femmes.

Alors, oui, c’était plaisant de se dire que pour quelques instants, on allait être Carrie Bradshaw (Moins la garde-robe, la collection de chaussures, New York et les nombreux amants…) Mais, quand même… On allait être brillante, piquante, ironique juste ce qu’il faut, finement observatrice, blabliblablou, tout ça…

Et puis, c’est tombé à l’eau.

Récit d’un naufrage.

Chose n’est pas coutume, pour une fois, la Chronique était réfléchie, pensée, organisée (enfin, presque…) bien avant le dimanche.

Tout est parti, donc, d’un léger agacement, concernant, une nouvelle fois, un comportement masculin au-delà de l’absurde, enfin suivant les critères personnels de l’auteur.

L’agacement s’est très vite évaporé (ça fatigue d’être agacé…). Pour éviter qu’il ne revienne au grand galop, on a préféré oublier le comportement masculin en question dans la minute. Cependant, impossible d’oublier l’impression de déjà-vu : encore une fois, on n’avait rien compris. Pourquoi les hommes font-ils ce qu’ils font ?... Pourquoi est-ce qu’ils fonctionnent comme ça, en dépit du bon sens (enfin, en dépit de notre bon sens…) ? Qu’est-ce qui les motive ? Et, qui doit, une nouvelle fois, s’adapter rapidement à une situation incompréhensible ?...

Comme le sujet était motivant, on a très vite contacté deux-trois copines pour leur demander leur avis sur la question et on a commencé à établir une liste.

Le premier tiret était une incompréhension commune à toute la gente féminine :

-          Pourquoi cette fascination pour les blondes vulgaires ?... 

Ah, ne commencez pas à souffler, messieurs !... C’est vrai ! La blonde vulgaire, la bombasse en maillot de bain qui trémousse ses fesses dans un clip de rap, jusqu’aux pages lingerie du catalogue de La Redoute…

Les femmes ne comprennent pas ça… Pour être honnêtes, elles ont bien une vague idée du pourquoi, mais elles ne comprennent quand même pas. Entre la blonde vulgaire et elles, ne soyez pas idiots : oubliez la bombasse et tournez-vous un peu vers elles…

En fait, cette première incompréhension n’est pas tout à fait complète. Ce que les femmes ne comprennent pas, ce n’est pas exactement pourquoi les hommes sont fascinés par les blondes vulgaires, c’est plutôt pourquoi les hommes sont fascinés par des blondes vulgaires plutôt que par elles ?...

(Au fait, il doit y avoir 3 ou 4 hommes qui lisent régulièrement ces Chroniques. Allez, disons 5, en étant optimiste. Messieurs, n’hésitez pas ! Les interrogations posées sont de vraies questions. Vous êtes libres d’y répondre…)

-
         
Pourquoi les hommes ne parlent-ils pas de leurs sentiments ?...

Là encore, l’interrogation n’est pas complète. Ce que les femmes ne comprennent pas, c’est pourquoi les hommes ne leur disent pas ce qu’elles veulent entendre au moment où elles veulent l’entendre…

Tout doucement, imperceptiblement, sans même sans rendre compte, le naufrage de la Chronique avait commencé…

Au fur et à mesure des coups de fil aux copines, la liste des choses que les femmes ne comprennent pas chez les hommes s’est allongée :

-          Pourquoi les hommes passent-ils des heures à faire des choses pas du tout intéressantes, comme jouer à des jeux vidéo ?...

(Toujours sous-entendu : au lieu de passer ce temps avec moi…)

-          Pourquoi le foot ?...

-          Pourquoi la moto et autres attitudes autodestructrices comparables ?...

-          Incompréhension suprême : Qu’est-ce que les hommes trouvent à la Formule 1 ?...

Témoignage : « Moi, un jour, je suis allée voir une vraie course de Formule 1 avec mon copain. J’ai trouvé ça pourri !... Il faisait chaud, il y avait un million de personnes, les bières coûtaient 15 euros et les sandwichs 30, et le pire… Il y avait du bruit et on voyait des voitures passer toutes les 5 minutes et encore, tellement vite qu’on voyait que dalle. Et, attention !... Le clou !... Mon copain a ADORE !!!!! ENORME QUESTIONNEMENT !… … … … »

Entre situations vécues et interrogations plus générales, les hommes étaient en train de s’enfoncer sous une montagne de griefs qui ne laissait pas passer beaucoup d’air.

-          Pourquoi les hommes sont-ils incapables de faire deux choses à la fois ?... Du genre, répondre à une simple question telle que : « Où est le sel ?.. » pendant qu’ils font autre chose, comme jouer à la Playstation ?...

-          Pourquoi les hommes prennent-ils le numéro de téléphone des femmes alors qu’ils n’ont strictement aucune intention de les appeler ?...

-          Pourquoi les hommes sont-ils réticents à aborder certains sujets ?...

Comme, et c’est un exemple : « Je pense, que dans les générations à venir, tout le monde sera bisexuel ! Tu n’es pas d’accord ?... »

A leur décharge, le moment pour lancer le débat était peut-être mal choisi… Foot, copains, bouquin, PlayStation, rêverie… Peut-être, finalement, les hommes ne sont-ils pas plus réticents que la moyenne à aborder certains sujets. Peut-être est-ce juste une question de disponibilité… Et tout cela n’a rien à voir, avec le fait que pas plus tard qu’hier, pendant l’épisode de Desperate Housewifes, vous avez dû souffrir une théorie fumeuse autour de cette fascinante affirmation : « Si les gens se suicident, c’est à cause du permis à points ! ». Avec arguments et démonstrations à l’appui… Avec sincérité et conviction !...

On pourrait continuer pendant longtemps. La liste est longue…

-          Pourquoi les hommes sont-ils, parfois, condescendants à l’égard des femmes, surtout en ce qui concerne les magazines, la mode et les potins de stars ?...

-          Pourquoi les hommes sont-ils inquiets ?... (Vaste question… Les hommes s’inquiètent beaucoup. Même quand ils donnent l’impression de ne pas s’inquiéter, il y a toujours une vague tension inquiète qui bourdonne quelque part et, parfois, elle bourdonne tellement fort qu’on ne s’entend plus… Pourquoi ne font-ils pas taire ce bourdonnement ?...)

-          Pourquoi les hommes manquent-ils, parfois, de courage ?...

-          D’ailleurs, pourquoi les hommes et les femmes n’ont-ils pas la même définition du courage ?...

Pourquoi ?... Pourquoi… Pourquoi…

Au fur et à mesure que la liste s’allongeait l’agacement qui avait provoqué le choix du sujet disparaissait.

Parce que, malgré chaque point abordé par les copines au téléphone, malgré chaque questionnement personnel de celle qui écrit ces lignes, la montagne des griefs qui menaçait d’ensevelir les hommes laissait passer de plus en plus d’air.

En raccrochant le téléphone, la première pensée qui explosa dans la tête de l’auteur à la fin de la relecture de la liste fut : « Génial ! »

Les hommes sont fantastiques !

Peut-être, un jour, les femmes arriveront-elles à faire le deuil de leur vieux fantasme de princesse qui veut que, dans un parfait monde imaginaire, elles sont le centre de l’univers. Que, à tous moments et en toutes circonstances, elles devraient être au cœur des pensées de leurs compagnons. Tant qu’ils n’auront pas accepté ça, il y aura toujours des incompréhensions et personne ne sera complètement heureux…

Moi, qui écris ces lignes, je ne comprends rien aux hommes.

J’adhère avec chaque point abordé par les copines. Je me contiens un peu, parce que, sinon, la Chronique entière d’aujourd’hui serait une liste d’incompréhensions de plusieurs pages, allant de : « Comment les hommes peuvent-ils mettre deux jours de suite le même caleçon ?... » à « Pourquoi aucun homme n’est amoureux de moi ?... ».

Je me contiens, et, finalement, ça ne me coûte pas. En revenant sur la liste des choses que les femmes ne comprennent pas chez les hommes, je me suis aperçu que, finalement… Je les aime bien, toutes ces choses que je ne comprends pas. Sauf, peut-être, le zeste de condescendance, mais ça n’a rien à voir avec les hommes. La condescendance est un des pires sentiments humains. Moins on la fréquente, mieux on se porte !...

C’est plutôt rassurant de ne pas comprendre. Ca laisse ouvert le champ des possibles.

Les bombasses vulgaires en maillot ?... Touchante fascination. Agaçante aussi, mais l’agacement maintient éveillé.

Le foot ?... Les copains ?... Les passions diverses et variées ?... Déjà, celle qui, il y a à peine trois semaines a publié un (très) long article sur les plus formidables finales de tennis de l’univers, n’a de leçon à donner à personne. Et puis, comment dire ?... J’adore !... J’adore voir les hommes s’enthousiasmer sur des sujets absurdes, pousser des cris, rigoler, se lamenter comme si leur vie en dépendait. Je me souviens de cette Coupe d’Europe, il y a quelques années. Coupe d’Europe longue à mourir. Finale chiante à mourir. La France perdait. Plus que quelques minutes à tenir et on allait enfin pouvoir sortir, boire un verre, voir des gens, enfin, faire des choses intéressantes… Plus qu’une minute… Vite, un petit tour aux toilettes avant de sortir… Quand, soudain… L’explosion ! Un corps qui se jette de tout son poids contre la porte des toilettes ! Un hululement hystérique qui fait trembler tout l’appartement : « ILS ONT MARQUE !!!!!!! SORS DE LA ! T’AS TOUT LOUPE !!! » Exceptionnel spectacle, en sortant des toilettes, que cet homme en sanglots, affalé sur la moquette du salon, répétant machinalement : « Ils ont marqué !!! Ils ont marqué !!! t’as tout loupé… ». Exceptionnelle incompréhension également, mais qui, à cet instant précis, n’a pas fait le poids face à un élan d’amour incroyable envers celui qui, pourtant, pendant des heures, jusqu’à l’écœurement, répètera en boucle : « Tu te rends compte ! On est Champions du Monde ! On est Champions d’Europe ! Ca veut dire qu’on est Champions de l’Univers !... » Et de se remettre à pleurer…

Même chose pour les théories fumeuses. Qu’elles soient sur le permis à point ou l’avenir sexuel de l’humanité. Je ne comprends pas un mot de ce qu’ils me racontent. Rien de rien. Tant pis. Tant mieux. On n’est pas d’accord ?... Il va falloir batailler pour se faire entendre. C’est la meilleure partie d’une conversation ! Ah non !... La meilleure partie, c’est de terminer la conversation en ayant une autre vision que la sienne.

Les hommes ne parlent pas de leurs sentiments ?... Le jour où j’arriverai à parler des miens, je me permettrai de leur jeter des pierres. En attendant, livrons-nous à ce réjouissant petit jeu qui consiste à… deviner, supposer, s’y jeter au risque de se tromper.

Alors, voilà, la Chronique a fait naufrage.

Elle était partie pour être une fine observation sur ce que les femmes ne comprennent pas chez les hommes.

Le résultat est qu’il n’y a même pas eu de débat avec arguments, démonstrations et preuve à l’appui. Juste une simple constatation : parmi toutes les choses qui font que, moi, j’aime les hommes, il y a celle-là : ils sont, parfois, totalement incompréhensibles !

Reste, toutefois l’épineuse question de la Formule 1…

Interrogé sur le sujet, l’homme (celui de la Coupe d’Europe de football, des Champions du Monde et de l’Univers) a eu un soupir dédaigneux : « Pfui !... La Formule 1, c’est nul !... C’est toujours la meilleure voiture qui gagne !... »

Nouvel élan d’amour. Pour la poésie sans fin d’une réflexion lancée du bout des lèvres parce que… pas disponible pour cause de bombasses vulgaires en maillots de bain se trémoussant dans un clip de rap.

Par agnesyob
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Dimanche 21 juin 2009

Juste un petit mot aujourd’hui… Un petit mot avant qu’il soit lundi… Il y a des jours où il est temps qu’il soit lundi…

Lisez « Régime Sec » de Dan Fante !

Pour en savoir plus, reportez-vous à une Chronique datant de quelques semaines : « Des nouvelles de Dan Fante ?... »

Alors, voilà, c’est fait !
« Régime Sec » a été avalé cul sec hier soir ! C’est peut-être la raison de la gueule de bois d’aujourd’hui. Peut-être… Peut-être pas… Peu importe, après tout.

Huit nouvelles. Qui frappent vite et fort. Bruno Dante envoie chier le fil du rasoir sur lequel il se tient en équilibre.

Huit nouvelles sur ce qui reste quand on a tout foutu en l’air.

Si tout doit être foutu en l’air… Après tout… Whatever ! On peut vivre n’importe où.

C’est hilarant. A pleurer deux secondes après, même si, très vite, on comprend que personne ne pleurera jamais vraiment sur rien. Totalement hors contrôle de bout en bout. Avec, toujours à un moment donné ou un autre, un grand bruit : celui que fait la tête de Bruno Dante quand elle s’explose sur le bitume.

Pas de quoi pleurer. Pas de quoi gaspiller deux minutes de son temps ou de son énergie à ressentir de la compassion, ou quelque chose qui y ressemblerait. Pas de quoi être en colère non plus… Et, surtout, pas la peine de se risquer à émettre un jugement. Ca ne passera pas !

Pas de quoi… Rien !


Juste… Lisez « Régime Sec » !

Dan Fante l'a dédicacé à son père.
Dan Fante "Régime Sec" - A mon père, John Fante - Merci, fils de pute sublime

Par agnesyob
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Dimanche 14 juin 2009

Chaque année, c’est la même histoire : l’été approche à grands pas et un vent de panique souffle dans la presse : Dépêchez-vous !!!! Il ne vous reste plus beaucoup de temps pour :

1 - Perdre 15 kilos !

2 - Choisir le bon maillot de bain en fonction de votre silhouette !

3 - Vous tartiner de crème solaire (Il pleut tous les jours depuis 2 ans et demi, mais on n’est jamais trop prudent…)

4 - Etre une bombe mince, halée juste ce qu’il faut (pas trop, c’est vulgaire), fashion à souhait…

5 - Devenir une experte (ou un expert) dans l’art de la séduction !

Parce que si vous arrivez à remplir les quatre premiers points, ce n’est pas pour passer l’été à regarder la saison 5 de « Lost », c’est pour accéder directement au cinquième point : séduire ! Il faut bien que tous vos efforts servent à quelque chose !

Dans ce domaine, on ne remerciera jamais assez les experts qui se sont penchés sur le sujet et profitent de la venue de l’été pour dispenser leurs conseils aux malheureux qui, tout en ayant perdus 15 kilos, en étant dorés comme des abricots parce qu’ils ont bien appliqué la bonne crème solaire au moment où il fallait, tout en portant le bon maillot avec LES sandales de la saison, se retrouvent perdus dès qu’il s’agit d’exploiter ces avantages et rentrent chez eux tout seul en espérant que l’épisode de « Lost » ne soit pas terminé !

Les gens ne naissent pas égaux devant la séduction : il y a ceux qui savent le faire (et ne s’en privent pas), ceux pour qui c’est simple et naturel et ceux pour qui séduire est (et menace de rester à tout jamais) juste un mot. Un mot dont le sens global est inconnu.

Pour ceux-là (les nazes, les handicapés des relations humaines, ceux qui n’ont jamais rien compris et ne comprendront certainement jamais rien, les timides, les cruches, les flippés, les maladroits et ceux qui s’en fichent parce que la saison 5 de Lost vient de débuter…), des experts ont eu la bonté d’éditer des guides détaillants, points par points, le parcours du combattant du séducteur ou de la séductrice.

Où comment mettre toutes les chances de son côté, abandonner la personne coincée qu’on était et révéler enfin l’homme ou la femme fatale qui (les experts l’assurent) sommeille en chacun d’entre nous.

Un aveu : l’auteur de ces lignes n’a pas réussi à lire le guide jusqu’au bout. Devant la masse de conseils pour jeter des regards en coin, pour balancer ses cheveux au bon moment avec le bon éclat de rire et pour travailler son « langage corporel », elle s’est sincèrement dit qu’une activité qui demandait autant de boulot et de contrôle relevait plus d’une tentative névrotique de structuration personnelle que de séduction de l’autre. En plus, elle n’aime pas bosser l’été !

Néanmoins, appartenant à la deuxième catégorie de personne (Séduire ?... Oh merde !... Mais… Ca ne se fait pas tout seul, cette histoire ?... Y’a plus de vin ?...), elle aurait eu tort de se priver de quelques conseils.

Bref… Frères et Sœurs, pas séducteurs pour un rond, soyez heureux ! Les minutes qui suivent marqueront un tournant décisif dans votre vie sentimentale ! Finis les soupirs désespérés devant sa solitude, finies les heures perdues sur le site www.seulcommeunrat.com, fini Lost à 3h du matin !... Voici, en trois étapes, ce qu’il faut faire pour devenir irrésistible !

Étape 1 : Attirer l'attention de la personne que l'on veut séduire.

Etape 2 : Echanger des regards.

Etape 3 : Se parler.

Première constatation : Expert en séduction est le deuxième boulot le plus facile de l’univers, après employé chez EDF-GDF !

Non mais, sans rire… Combien ces gens sont-ils payés pour aligner des poncifs aussi énormes ?...

Le meilleur reste à venir. Détaillons chaque étape.

Etape n°1 : Attirer l’attention de la personne que l’on veut séduire.

Il est précisé dans le guide, qu’en général, les femmes vont user de leur gestuelle, de leur féminité, de leur physique pour adresser à l'homme un message clair : "Tu me plais. Si c'est réciproque, à toi de jouer maintenant ! "

Il y a donc des codes à maîtriser : attirer l’attention de quelqu’un ne se fait pas n’importe comment. Surtout si c’est pour le séduire ! Grave erreur que de faire n’importe quoi pour se faire remarquer. Pieds au mur, numéro de ventriloque, imitation de Céline Dion : à proscrire !

Voici ce qu’il faut faire pour, subtilement (c’est la clef de voûte de la séduction !), attirer l’attention :

Pour les femmes : rire, passer la main dans ses cheveux et découvrir sa nuque.

Pour les hommes : … Euh… C’est moins précis, mais il semble que sortir son portefeuille et payer nonchalamment l’addition de tout le monde tout en ayant l’air de ne pas le faire marche assez bien.

Deuxième aveu : dès la première étape, l’auteur de ces lignes a bien failli retourner voir si entre Jack et Sawyer, Kate avait enfin fait un choix. Tout en riant et en relevant élégamment ses cheveux, ce qui a eu pour avantage de découvrir sa nuque !...
Juste avant, elle a quand même eu le réflexe de jeter un coup d’œil à la date d’édition du guide : hum… 1923 ?... Non, non, pas du tout : 2009 ! Très bien !... C’est donc toujours la même chose : les femmes aux cheveux courts et les fauchés ont toujours moins de chances que les autres !

Cependant, cette première étape a toutefois le mérite de tordre le cou à la technique de drague la plus répandue chez ceux qui ont besoin de dépenser 12 euros dans un guide pour séduire : l’alcool est une très mauvaise idée !

Que font les gens pas sûrs d’eux, aux cheveux courts ou fauchés, quand ils veulent draguer ?... Ils boivent pour se décontracter, se donner du courage et, pensent-ils, faire ressortir le meilleur d’eux-mêmes. Est-ce que ça marche ?... JAMAIS ! Est-ce pour autant qu’ils changent de tactique ?... NON PLUS ! Se saouler au comptoir et ensuite aller aborder la personne qui nous plaît se termine fatalement par un désastre.

Si on reprend l’énoncé de la première étape (attirer l’attention, donc…), imaginez ce que ça peut donner un verre dans le nez. Passons sur les : « Hey !... Hey !... Toi, là-bas !... Non, pas toi !... Ton copain !... T’es trop mignon ! » pour ne retenir que le langage corporel. Attirer l’attention, rire, rejeter ses cheveux en arrière ?... Pas de problème ! C’est dans nos cordes ! Et c’est parti pour une imitation parfaite de Dalida, strabisme compris.

Ne marche pas !... JAMAIS ! Arrêtez la bière dès demain !...

Etape n°2
: Echange de regard

Même constat : arrêtez de boire !

L’alcool trouble le regard et fait légèrement loucher. Du coup, la personne en face ne sait jamais très bien si c’est elle que vous regardez où la porte des toilettes.

Ca commence mal…

Le guide le précise bien : Au milieu d’une foule, vous croisez le regard de quelqu’un. Une seconde suffit pour ressentir soit de l’attirance, soit de la répulsion. Cette rencontre des regards est déterminante dans la suite du processus de séduction.

Traduisons les paroles d’experts en langage compréhensible par tous et toutes : le regard que l’on porte sur un homme éméché, transpirant, aux gestes incohérents est légèrement dégoûté. Le regard que l’on porte sur la pauvre fille, à l’œil qui part en couille, chantant : « Il venait d’avoir 18 ans » debout sur le comptoir est au-delà de la pitié…

Vous n’arriverez à rien en vous y prenant de cette façon.

Par contre, toujours selon le guide, il faut « échanger » des regards…

Echanger des regards ?... Est-ce que cela signifie qu’il faut passer la soirée à fixer la personne, au risque de passer pour une psychopathe ?... « Non !», affirme le guide. Il faut être certain que l’attirance est présente des deux côtés. Pas la peine, donc, de fixer intensément un pauvre malheureux qui n’a rien demandé pendant des heures et de le faire flipper. Par contre, si lui (ou elle) vous fixe en retour. C’est bon, vous pouvez y aller. Ne vous quittez pas des yeux et ne vous inquiétez pas de l’entourage : tout le monde croit que vous participez à une expérience de transmission de pensée.

Plaisanterie mise à part, le guide, afin de justifier son prix de 12 euros, rappelle deux évidences :
-  Echangez des regards, certes, mais faites un effort pour rester subtil !
-  La première impression est souvent déterminante. Mesdames, soyez féminines. N’hésitez pas sur les décolletés, les talons et le rouge à lèvres, à condition que tout cela reste classe. Messieurs, on n’a jamais fait mieux qu’une chemise et une assurance décontractée.

Que tous ceux et celles qui, à ce moment, sont pris d’une irrésistible envie de boire une bière fraîche en jogging, envoient un message…

Etape 3
: Se parler

Alors là, c’est génial !... Les experts en séduction développent tout un chapitre sur « l’art de la conversation ». D’après eux, au moment de la troisième étape, le jeu de séduction est déjà bien enclenché. La femme a clairement fait paraître son attirance et l'homme n'est pas passé à côté de ces micros-messages corporels. Chacun doit alors faire fi de sa timidité pour passer à la troisième étape : la conversation !

On est vaguement tenté d’envoyer sur leur site le récit de cette croustillante anecdote où aucune parole n’a été échangée, mais on pense à maman qui lira peut-être et on s’abstient…

Toutefois, on se prend à espérer avoir au moins compris une chose, parce que si on veut bien admettre avoir foiré « attirer l’attention » et « échanger des regards », au moins, il y a une chose dont on est sûre : dès qu’il s’agit de parler, c’est nous l’expert !

Mais non, les autres experts l’affirment : le contenu de la conversation n’a pas grande importance ! Ce qui compte le plus, c’est la communication non-verbale !

Alors, les gens ?... Pourquoi vous fatiguez-vous à faire des études ?... A vous construire une personnalité intéressante et à développer des passions ?... Tout le monde s’en fout de ça ! Ca ne vous servira à rien pour séduire. Peu importe que vous soyez un artiste sensible, que vous construisiez des écoles à Madagascar ou que vous consacriez votre temps libre à apprendre la langue des signes ! Vous pourriez tout aussi bien réciter en boucle « Le Corbeau et le Renard ». Personne n’écoute, de toute façon. Ce qui compte, c’est comment vous êtes habillé et à quel point vous pouvez fixer une personne intensément sans cligner des yeux !...

Bon, ça me fatigue. J’arrête l’ironie et je prends la parole.

Ce guide de « Comment séduire » est une immense déception.

En fin de lecture, les nazes, les maladroits et les timides ne savent toujours pas comment s’y prendre. La séduction est comme tous ces métiers qui ne rentrent pas dans les cases des formulaires administratifs. Intermittent du spectacle, par exemple, ça ne rentre nulle part. Séduire, c’est la même chose : ça ne rentre pas dans les cases.

J’aurais bien aimé passer en revue toutes les absurdités misogynes et rétrogrades que je viens de lire, mais ça me fatigue d’avance.

J’aurais bien aimé démontrer qu’en matière de séduction, le genre « mystérieux et inaccessible » est une immense escroquerie, et que selon les tempéraments, on est en droit de préférer « incontrôlable et imprévisible », mais ça me fatigue d’avance.

J’aurais bien aimé exprimer ma compassion pour ceux et celles qui se laissent séduire par un portefeuille garni, mais ça me fatigue d’avance…

J’aurai bien aimé vous dire que je parle aujourd’hui d’un sujet que je ne maîtrise pas du tout. Que je suis le genre de personne que les experts visaient quand ils ont écrit leur guide, mais je ne le ferai pas parce que je suis vexée.

Je suis vexée, parce que, selon ces experts, je rentre dans la catégorie « totalement incapable de séduire qui que ce soit, quelque soit l’endroit où la circonstance ». Et j’aime à croire que ces experts se trompent.

Moi, je crois que séduire, c’est un jeu de miroir où chacun se dit qu’il ne pourrait pas être mieux ailleurs avec quelqu’un d’autre…

Moi, je crois que ce sentiment peut arriver n’importe quand, quelque soit la tenue, quelque soit l’endroit…

Moi, je crois que les choses qu’on se dit sont importantes, parce que c’est un petit bout de soi qu’on expose sans trop savoir comment ça va être reçu…

Moi, je trouve qu’avoir la trouille de séduire et y aller quand même, c’est séduisant…

Alors, Amis Lecteurs, faites-moi une faveur : économisez 12 euros. N’achetez pas ce guide.

Avec cet argent, invitez-moi plutôt à boire des coups. Je vous le promets : nous échangerons des regards, vous retiendrez mon attention, je vous parlerai de moi et je vous assure que je vous écouterai me parler de vous. Et, si je suis dans un bon jour, je vous imiterai Dalida, debout sur le comptoir…. Strabisme compris !

Qui sait ?... Peut-être serons-nous séduits l’un par l’autre ?...

Par agnesyob
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Lundi 8 juin 2009

La finale de Roland Garros vient de débuter. Rodger Federer contre Robin Soderling.

A priori, le match sera sans surprise. Cette année, c’est Federer !
D’ailleurs, ça se confirme vite. Le début de match se déroule comme prévu : Federer avance rapidement sur l’autoroute de la victoire. En face, Soderling ne fait pas le poids. Il faut dire, à sa décharge que, à part avoir commis l’exploit de faire tomber l’inaltérable Rafael Nadal, le pauvre Suédois n’a pas grand-chose à son actif.

Et que, de toute façon, après des échecs successifs en 2006, 2007, 2008, cette année, on ne voit pas bien ce qui pourrait empêcher Rodger Federer de remporter, enfin, le plus grand tournoi de terre battue de la planète. On lui souhaite…

Le tennis est un sport formidable ! Vraiment !...

Les lecteurs réguliers des « Chroniques d’Agnès » risquent d’être un peu déconcertés en tombant, cette semaine, sur un article consacré à une finale sportive. On ne peut pas vraiment dire que le sport soit la grande spécialité de l’auteur de ces lignes, c’est vrai… Mais le tennis, c’est différent !

Ca va paraître peut-être un peu tiré par les cheveux, incongru et tordu à certains, mais… Le tennis est une métaphore de l’existence !

Voilà…

Ok ! Une telle affirmation demande un minimum d’explications, ne serait-ce que pour éviter que les lecteurs ne s’enfuient sur le blog d’à côté (celui qui donne la recette du crumble aux fruits rouges…)

Faisons abstraction du côté, parfois, un peu guindé, snob et people du tennis pour, uniquement, se concentrer sur ce qui se passe sur le court.

Ils sont deux. Face à face. Et ils passent des heures à, inlassablement, se renvoyer une petite balle jaune. Le bras ne doit pas trembler. Jamais. Ils doivent rester forts. La moindre faute d’inattention, la moindre petite faiblesse est sanctionnée immédiatement. On ne sait jamais combien de temps le combat va durer. Oui, le combat, car c’est un combat. Un combat de Titans, où les adversaires doivent sortir en permanence le meilleur d’eux-mêmes. Où ils doivent repousser leurs limites et où ils doivent continuer quoiqu’il arrive, coûte de coûte, même quand tout semble perdu. Ca joue jusqu’au bout. Jusqu’à ce que l’un deux l’emporte. Ce n’est pas le perdant qui mord la poussière, c’est le gagnant qui, à un moment donné, prend son adversaire de vitesse et arrache la victoire. Et, d’un autre côté, c’est un combat qui, quand il est correctement mené, avec grâce et classe, n’exclue pas la légèreté, ni le spectaculaire et, surtout pas, le plaisir….

Alors ?... Ca ne ressemble pas parfaitement à la vie, cette histoire ?...

Sur le court central, le scénario se déroule sans anicroche.

6-1 dans la première manche. 23 minutes de jeu. Ca roule pour Federer.

On est content pour lui, mais il n’y a rien d’exceptionnel non plus à commenter. Soyons franc : on n’attend pas grand-chose de la finale de Roland Garros cette année. Depuis la chute de Nadal, c’est quasiment acquis : c’est Federer qui va remporter le tournoi… Ca manque de surprise, mais, d’un autre côté, c’est bien. Depuis le temps qu’il essaie et que ça ne marche pas. Il y a toujours un espagnol avec des bras gros comme des troncs de Baobabs qui lui balance des boulets de canon à la vitesse de la lumière en pleine face et, lui, il ne peut jamais rien faire. A part se ramasser des boulets de canon à la vitesse de la lumière en pleine figure !...

Cette année, Nadal est out ! C’est son tour. C’est sûr, le mieux aurait été que se soit son tour face à Nadal, mais, bon, on ne va pas bouder son plaisir, ni le notre. Tout le monde aime bien Federer. Il est classe, élégant, et, en plus, il est sympa. Nadal, il gagne trop, trop souvent et trop facilement. Ca finit par agacer. Comme quand, à l’époque, Lendl, ou Jon Borg, alignaient les victoires avec la régularité froide de robots préprogrammés. D’accord, ils jouaient remarquablement bien, mais ça manquait de rebondissements, d’incertitudes, de victoires à l’arraché sur soi-même… Tous ces éléments qui font vibrer, qui font qu’on s’identifie, qu’on s’enthousiasme et qu’on pousse des beuglements absurdes sur le canapé de son salon…

Federer gagne… Pas trop de suspense. Quelques beuglements absurdes parce que c’est la règle et qu’il y a quand même quelques très beaux coups…

En le regardant aligner les jeux gagnants, les souvenirs remontent des années en arrière, vers une autre finale. La plus belle finale de Roland Garros… (Enfin, selon les critères personnels de l’auteur, qui, en 1983, était trop préoccupée à devenir une adolescente pour apprécier le triomphe de Yannick Noah).

Juin 1991 ; Roland Garros se termine. Finale 100% américaine avec la rock-star des courts de tennis : André Agassi ! André Agassi a le look de Bon Jovi, une boucle d’oreille, des bermudas bariolés, des longues mèches blondes décolorées (on est en 1991 !...). Ca change des petits shorts blancs et des chaussettes remontées à mi-mollets. Et, surtout, Agassi est bon. Vraiment bon !

Il a échoué en finale l’année dernière, sûrement par manque de maturité. Mais, cette année, ça va aller. Ses bermudas sont encore plus bariolés, ses mèches encore plus blondes… Pas d’ironie, où, à peine parce qu’Agassi était déjà un grand joueur à l’époque, et, il l’a prouvé par la suite, il est devenu un joueur exceptionnel. Un des plus grands !

Mais, en 1991, tout reste à faire pour lui, même si sa rock’n’roll attitude lui attire d’emblée la sympathie du public. On n’a pas l’habitude de voir ça dans le milieu du tennis !... Normalement, tout le monde s’habille correctement en blanc, les femmes portent la jupette et si on peut éviter au maximum de se laisser emporter par ses émotions, c’est mieux. Merci aux exceptions grandioses qui se faisaient un point d’honneur de dynamiter cette ambiance sclérosée ! McEnroe… Connors !... Vous êtes des héros !....

Revenons en 1991…

Cette année, théoriquement, le règne d’Agassi doit commencer.

Tout le monde en est sûr, l’attend, l’espère et se prépare déjà à fêter le nouveau Prince des courts de tennis…. Ca ne devrait pas prendre trop longtemps. D’autant plus qu’en face de lui, il y a un type, sympathique, certes, mais qu’on ne connaît pas vraiment. Un brave garçon, avec une bonne tête… Aussi fade qu’Agassi est fun. Le type en face, c’est Jim Courrier. Un américain de 22 ans dont la spécialité est de se planter au fond du court, de n’en pas bouger et de taper dans la balle avec toute la force de ses bras de bûcheron. (Pour les connaisseurs, fermez-les yeux et revoyez le revers à deux mains monumental de Jim Courrier…)

Bref (oui, faisons bref, la finale actuelle se déroule plutôt vite… Il ne faudrait pas que Federer l’emporte avant la fin de cette Chronique…).

Donc, pas de problème, en 1991 : c’est parti pour être l’année Agassi. D’ailleurs, le début du match confirme cette impression. Agassi est excellent… Il virevolte au filet, marque des points en faisant des bonds de cabri… Les jeux défilent, le public parisien est ravi et ADORE Agassi, qui, lui, est content qu’on l’adore et le manifeste en faisant encore plus de bonds de cabri, ses longues mèches blondes flottant sur le court central. Et en face ?... Que fait Jim Courrier ?... Il fait ce qu’il sait faire. Il se tient planté au fond du court et renvoie un maximum de balles avec la puissance d’un bulldozer. Parfois ça fonctionne (il remporte un set), mais la plupart du temps, ça ne suffit pas. Agassi est vraiment trop fort, trop virevoltant, trop… formidable joueur de tennis ! Alors, Courrier, malgré son set gagné, est vite dans les choux. Il se fait méchamment distancer au score. Les jeux s’alignent et l’écart se creuse. Plus rien ne semble se mettre entre André Agassi et sa première victoire dans un tournoi du Grand Chelem.

Quand soudain !... La pluie !... Des trombes d’eau s’abattent sur le court central. Le match est interrompu pendant 20 minutes. Personne ne s’impatiente. On est dans le dernier tiers du match. Il ne manque plus que trois jeux et c’est finit. Courrier est vraiment trop loin derrière. L’affaire devrait être pliée en moins d’une demi-heure par Agassi. ¾ d’heure… A tout casser.

Les joueurs refont leur entrée sur le terrain. Le public parisien se rassoit. Le court est balayé. Tout le monde reprend sa place et le jeu reprend… A partir de cet instant, et pour les trois heures à venir, se déroule la plus grande, la plus spectaculaire, la plus remarquable, la plus rugissante, la plus puissante remontée qu’un court de tennis ait jamais connu !

Jim Courrier, qu’on disait dans les choux, déjà dans les vestiaires, la tête entre les mains en train de se demander ce qu’il aurait pu faire pour éviter la débâcle va, patiemment, point, après point, remonter au score. Du fond du court, pendant des heures, il va marteler ce pauvre Agassi, qui en perd tous ses moyens. Et qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Il gagnait. Il était en train de gagner. L’autre était déjà parti. Et maintenant !... Maintenant, en face, il n’y a plus un brave type avec une tête ronde d’américain jovial. Il y a Jim Courrier. Un des mecs les plus costauds du circuit. Un mec qui sait que tant que l’arbitre n’a pas dit «Jeu, Set et Match ! », tout est encore possible. Un exemple de « Yes, we can ! » avant l’heure !

En 1991, Jim Courrier a battu André Agassi et a remporté le tournoi de Roland Garros. Ca a duré plus de cinq heures. Cinq heures de match hallucinant où, à chaque point, on s’attendait à ce que le brave garçon du fin fond des Etats-Unis flanche. Et il n’a jamais flanché ! Cinq heures de points gagnés à la force du poignet. Cinq heures qui auraient tout aussi bien pu être dix ou quinze, tant Courier donnait l’impression de dire à tout le monde : « J’espère que vous êtes bien assis, parce que ça va prendre un petit moment. Je ne pourrais pas vous dire combien. Le temps qu’il faudra. Point après point ! »

Et il a gagné. La soirée était déjà bien entamée. Le public était lessivé, autant que si c’était lui qui avait tapé dans cette infernale petite balle jaune pendant cinq heures. Et pendant qu’Agassi se prenait la tête entre les mains en se demandant ce qu’il aurait pu faire pour éviter la débâcle, tout le monde avait les yeux béatement rivés sur Jim Courrier, le nouvel Hercule des temps modernes.

Jim Courrier, lui, était content. Il avait la tête du brave type qui a bien fait son travail...

Federer gagne toujours… Vite, vite, un autre match avant la fin de cette finale !

Un autre match, d’accord, mais pas n’importe lequel. Quelque chose comme la plus belle victoire de tous les temps ! Au bas mot…

Wimbledon 2001. En finale, Goran Ivanisevic l’emporte sur Patrick Rafter. 6-3, 3-6, 6-3, 2-6, 9-7. Et c’est la plus belle victoire de l’univers. Non seulement parce que le match lui-même est une épopée de plusieurs heures, mais aussi, et surtout, parce que c’est le croate Ivanisevic qui gagne.

Goran Ivanisevic, c’est un immense joueur de tennis, mais c’est aussi un grand caractériel. Souvent finaliste et moins souvent vainqueur parce que… Et bien, il a ses humeurs. Capable d’aligner cinq aces d’affilé (sa grande spécialité) et, la minute d’après, de balancer sa raquette et le match parce l’arbitre l’a énervé, une mouche a volé trop près de son oreille ou, juste, comme ça, pour rien… Il est spectaculaire, mais avec une attitude pareille, il n’a jamais pu atteindre la première place du classement. Toujours 2nd meilleur joueur mondial du temps de sa splendeur et, aujourd’hui, en 2001, il n’est plus personne (du moins, dans le monde du tennis…). Il ne joue pratiquement plus depuis deux ans. Il est tombé à la 125ème place mondiale. Il ne devrait même pas être là. Les tournois du Grand Chelem tiennent à leur standing et ne font pas jouer d’anciennes gloires tombées dans l’oubli. Ou alors par pitié. C’est ce qui arrive à Ivanisevic. Il ne devrait pas jouer à Wimbledon, mais, il a bénéficié d’une wild card, une invitation spéciale des organisateurs du tournoi, en remerciement de ses contributions passés. Parce qu’entre Ivanisevic et le tournoi de Wimbledon, c’est une grande histoire. Il aurait du le gagner ce tournoi, depuis longtemps. Depuis sa première participation, en fait. Ivanisevic, c’est tout simplement le meilleur joueur sur gazon de tous les temps ! Il aurait du gagner ce tournoi. En 1992, en 1994, en 1998 ! Il aurait du le gagner, parce qu’il était brillant, spectaculaire, que tout le monde était avec lui tellement il était brillant et spectaculaire. Il aurait du le gagner tellement ça crevait les yeux qu’il était le meilleur et qu’on allait attendre longtemps avant de retrouver un joueur de cette trempe ! Il aurait du gagner ce tournoi !

Et, à chaque fois, il a perdu ! A cause d’une mouche qui volait trop près de son oreille, à cause d’un arbitre énervant, à cause d’une balle qui est restée dans le filet alors qu’elle était passée au-dessus depuis le début, à cause d’un caractère un peu trop ombrageux… Il a perdu. Et c’était vraiment injuste !

Alors quand en 2001, il a foulé le gazon de Wimbledon, tout le monde a soupiré et l’a regardé avec commisération. Comme un has been tentant pathétiquement un improbable retour sous les feux de la rampe…

Et là, le has been a commencé à gagner. Les gens n’en croyaient pas leurs yeux. Match après match, il gagnait ! Il avait toujours été le joueur le plus imprévisible du circuit, mais, là, il clouait tout le monde sur place. Rendez-vous compte… Il gagnait ! Personne ne s’y attendait. Il gagnait… Alors, petit à petit, matchs après matchs, la tendance s’est inversée. Les gens se surprenaient à y croire. Petit à petit, la légère commisération du début a cédé la place à un immense élan d’enthousiasme. Est-ce que vous pensez qu’il peut le faire ?... Et s’il pouvait vraiment le faire… Ca serait formidable s’il le faisait !... Quand, le 9 Juillet 2001, Goran Ivanisevic est entré sur le court central de Wimbledon pour disputer sa quatrième finale en 9 ans, il n’était pas tout seul. Il avait tous les spectateurs du stade derrière lui et tous les téléspectateurs, fans de tennis, derrière leur écran en train de lui hurler des encouragements.

Le match fut… épique ! Goran enchaîna les aces, monta au filet et marqua des points. Tout le monde hurlait. De mémoire guindée de Wimbledon, on n’avait jamais vu ça. Et puis Goran fit son Ivanisevic… Il se relâcha. Il commença à râler. Il menaça de balancer sa raquette… Tout le monde cessa de respirer. Non ! Pas encore, pas cette fois !...  Heureusement, il se reprit. Il ramassa sa raquette. Il ravala sa rage et l’utilisa pour taper dans la balle jaune. Tout le monde recommença à respirer. Le seul problème, c’est qu’en face, il y avait Patrick Rafter, un Australien solide comme un roc, qui se foutait totalement que ce soit la dernière chance d’Ivanisevic. De même qu’il se foutait totalement de l’histoire d’amour fou entre son adversaire, le tournoi de Wimbledon et le public. Rafter voulait gagner. Il était là pour ça. Et il était bon. Très bon, même. Et comme, en plus, ce n’était pas le genre à se disperser où à menacer l’arbitre d’un bon coup de raquette en travers de la tronche, il avait toutes ses chances.

Alors, le match balançait d’un côté, comme de l’autre. Le cœur des spectateurs faisait des bonds. Tout le monde voulait la victoire improbable du has been, mais rien n’était moins sûr…

Le dernier set démarra dans une ambiance fébrile…. S’il pouvait le faire… Mais s’il ne le faisait pas ?... Il n’était pas loin de ne pas le faire. Pourtant, il était bon Ivanisevic. Il était vraiment bon ! Il fallait voir avec quelle facilité, il jetait sa balle en l’air avant de la frapper à la vitesse de la lumière et de la placer sur la ligne au millimètre près !... C’était presque nonchalant, sans pratiquement aucune préparation. D’autres prennent des plombes à faire rebondir la petite balle jaune sur le sol, à sentir d’où vient le vent, et à attendre que le public se taise. Lui, il lançait la balle en l’air et il frappait. Personne ne voyait rien. Celui d’en face n’avait même pas le temps d’esquisser le moindre geste…

Impressionnant, sauf que ça ne passait pas à tous les coups…

Tie-break dans le cinquième set. Le public est émotionnellement à bout. Il y croit, puis perd confiance, mais il suffit d’un point gagnant du grand Croate pour que ça revienne… Et Rafter qui est toujours aussi solide… Ce n’est pas possible !... Ivanisevic va craquer. Le goût de la déception est déjà dans la bouche…

Et puis, c’est le dernier point ! Et là… CA PASSE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Goran Ivanisevic s’effondre sur le gazon. Le Stade de Wimbledon se lève d’un bond, comme un seul homme. Une clameur phénoménale envahie les gradins. Une clameur tellement énorme qu’à Buckingham Palace, la Reine elle-même ouvre sa fenêtre et cherche à voir ce qui provoque un tel manquement à la bienséance chez ses compatriotes. Non !... Ce n’est pas vrai ! Parce que la Reine n’est pas à Buckingham Palace. Elle est là, dans la tribune officielle, en train de faire des bonds dans sa robe découpées dans un  rideau, son petit sac de mémère qui ballote à son poignet !

Pratiquement 10 ans !!! 10 ans qu’il essayait ! Il l’a fait ! Il a enfin gagné !!! Et avec lui, c’est tous les 2nd de la classe qui gagnent enfin !!!

Goran Ivanisevic sanglote sur la pelouse de Wimbledon. Il est immense, ce garçon. Il mesure presque deux mètres. Et là, il sanglote comme un petit garçon. C’est fou. Il joue au tennis. Bien sûr, le monde peut se passer du tennis, comme il peut se passer du théâtre, de l’art où d’un tas de choses… mais en regardant le vainqueur 2001 de Wimbledon essuyer ses larmes, se relever et se précipiter dans les tribunes pour serrer sa famille et son entraineur dans ses bras. En entendant les applaudissements frénétiques du public, en voyant les larmes de bonheur, de fierté et de reconnaissance qui inondent les visages, on sait bien que non ! Le monde ne peut pas se passer du tennis. Pas plus que du théâtre ou de l’art ou de n’importe quoi d’autre qui soulèvent de tels élans du cœur…

Dans la tribune officielle, la Reine continue de sautiller !...

Même Rafter a l’air content. Certes, il voulait gagner, mais quitte à perdre une finale du Grand Chelem, que ce soit celle là, cette année-là, contre ce joueur !

Alors, il fait un peu semblant d’être déçu, mais dans le fond, il ferait bien des bonds avec la Reine dans la tribune officielle…

Rodger Federer vient de gagner l’édition 2009 du tournoi de Roland Garros.

Même si ça ne l’était sûrement pas, ça n’a pas semblé trop difficile.

Tant pis… Tant mieux…

C’est bien que, de temps en temps, les choses ne soient pas trop difficiles…

0-40

… quand on sait que demain, après demain où un jour prochain, il faudra s’arracher l’âme pour remonter au score…

15-40

… taper les balles, les unes après les autres…

30-40

… patiemment, du fond du court, avec, de temps en temps, quelques magnifiques envolées au filet…

40-40, égalité

… batailler sans y laisser trop de plumes…

Avantage

… en restant léger, classe et sans perdre de vue le plaisir…

Mesdames et Messieurs… Silence, s’il vous plaît… les joueurs sont prêts !

Par agnesyob
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Dimanche 24 mai 2009
Période de creux des Chroniques, mais période de gros speed par ailleurs....
Franchement, ça m'ennuie de vous laissez comme ça, sans nouvelle, sans théorie, sans commentaire de l'actualité, sans ces quelques pages hebdomaires entrant dans la catégorie : "J'ai un avis sur tout..."
Ca m'ennuie...
Ca me manque...
Mais qui dit période de creux des Chronique dit fatalement emploi du temps chargé par ailleurs... Et, tout le monde le sait bien, aussi chargé qu'ils soient, les emplois du temps finissent toujours par s'ajuster...
Un peu de patience, donc... Très, très prochainement de nouvelles histoires verront le jour...
Pourvu qu'elles vous plaisent...

Pour vous faire patienter (et, pourquoi pas, vous faire saliver...), voici quelques informations sur les semaines à venir :
- Nous repartirons dans une grande ville pour en explorer les aspects poétiques pas si cachés...
- Nous parlerons de l'art de la séduction et ça risque d'être sérieusement gratiné, parce que c'est bien joli d'avoir un avis sur tout, mais ce n'est pas pour ça qu'on est expert en tout...
- Nous referons des voyages, forcément... Expérimentaux, c'est obligé, mais pas seulement...
- Nous tâcherons de répondre cette question essentielle : "Y a-t-il un âge pour arrêter les excès ?..."
- Puis, nous irons à la rencontre de grandioses timbrés...
- Nous passerons un petit coup de fil à une cabine téléphonique, quelque part dans un coin perdu de l'univers... Juste pour voir qui répond...
- Et puis, et puis... On verra bien...

Il me reste à donner les résultats du concours des 126 millions d'Euros.
1er Prix :
Constantin !
FELICIATION !
Acheter la Rue de la Paix et la Gare St Lazare...
Quelle bonne idée ! Et ensuite, engager des ouvriers pour qu'ils finissent les travaux de la gare et les obliger à venir bosser...
Quant à la Rue de la Paix... On y mettra des hôtels !
Rendez-vous pour une bière et un coucher de soleil au Bar au Clou (à moins, qu'entre temps, la fortune sonne à la porte...)
Prix spécial du Jury :
Bene !
Pour avoir évoqué la possibilité du suicide des nouveaux riches dépassés par l'ampleur de leur fortune...
Le Bar au Clou devrait pouvoir gérer une commande de trois bières...

A la semaine prochaine...
Par agnesyob
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Dimanche 10 mai 2009

Un joueur a décroché le gros lot de l’Euros millions !

Cet heureux gagnant (qui, on s’en doute, préfère garder l’anonymat…) vient d’empocher la somme absurdement surréaliste de 126 millions d’euros !...

126 millions d’euros !... 126 MILLIONS D’EUROS !...

Pour éviter que les gens normaux ne passent à côté de l’évènement par manque de référence, les journalistes précisent que cette somme correspond au prix de deux Airbus A-320 !...
Ah bon ?... Depuis quand, et pour qui, le prix des Airbus A-320 est-il une référence ?...

D’autre part, quel nouveau milliardaire, fraîchement à la tête d’une fortune colossale se précipiterait-il pour acheter deux Airbus A-320 ?... C’est ça, le Saint Graal des milliardaires ?... Des Airbus A- 320 ?... Ah, oui, c’est vrai : les milliardaires ne pensent pas comme nous !... Du moins, c’est ce qu’on dit…

Quoiqu’il en soit, se pose fatalement la question : « Mais qu’est-ce que ce type va faire de tout cet argent ?... »

Avec 126 millions d’euros, il est clair que n’importe quel désir peut être immédiatement assouvi.
Alors ?... Qu’est-ce que le gagnant de l’Euro millions va faire de son argent ?... S’acheter une voiture neuve ?... Une maison ?... Partir en vacances sous les tropiques et en faire profiter sa famille et ses amis ?...

Rêves de pauvres que tout ça !

Oui, le mot « désir » semble ne pas avoir la même signification en fonction de l’état de fortune de la personne qui le prononce ! Il y a un vieil adage qui dit : « Pauvre un jour, pauvre toujours ! » (Si vous ne le connaissez pas, c’est un peu normal, il vient d’être inventé à l’instant). D’après cet adage, les pauvres (sous-entendu : les gens normaux !) pensent comme des pauvres. Le fait de devenir subitement plus que riche n’y change rien. Un ancien pauvre devenu milliardaire aura toujours des rêves de pauvre !

Et les rêves de pauvres sont exactement ceux mentionnés plus haut : une maison, une voiture, un voyage, aider la famille et les amis…

On reconnaît immédiatement cette catégorie de personne, parce qu’elles ont toutes la même première réaction à l’énoncé du montant du gros lot de l’Euro millions : « 126 millions d’euros !... Ohlala… Je ne me rends pas compte ! » Le pauvre est celui qui ne se rend pas compte et qui le dit !

Celui-là utilisera son argent pour assouvir ses rêves de pauvres : plus de confort, plus de sécurité, l’avenir des enfants, une piscine et une belle voiture… La plupart de ceux-là pensent sincèrement qu’ils continueront à bosser. Ca, c’est vraiment LE détail qui trahit le pauvre. Le pauvre, même milliardaire, veut continuer à travailler. Parce que ça fait des millénaires qu’on lui rabâche que la notion d’enrichissement est étroitement liée à la notion de travail. Alors de voir, d’un coup, arriver la fortune sans avoir eu besoin de lever le petit doigt, ça remet en question tous les fondements de son existence. C’est quasi impossible à gérer, c’est paniquant et culpabilisant. Le pauvre veut travailler. Pour maintenir un semblant de normalité : « Je suis riche, mais quand même, je travaille !!!!! »

Même en mangeant tous les jours dans des restaurants de luxe, le pauvre est celui qui ne pourra jamais s’empêcher de regarder les prix du menu. Réflexe…

Quelle différence avec les rêves des riches !

Les riches ne se posent pas la question de savoir ce que représentent 126 millions d’euros. Qu’est-ce que ça peut bien leur faire, ce que ça représente… C’est l’affaire des leurs avocats, banquiers et hommes d’affaires, pas la leur. Les riches ne rêvent pas d’une nouvelle voiture, d’une nouvelle maison ou de vacances à la Barbade. Les riches ont tout ça, sans avoir à en rêver. Les riches travaillent-ils ?... En tout cas, d’après ce qu’on en voit dans les magazines, ça n’a pas l’air de leur coûter.

Soyons franc : nous n’avons pas la moindre idée de ce à quoi ressemblent les rêves des riches ! Parce que nous n’évoluons pas dans la même réalité. Si un riche (un TRES riche), par hasard, lisait ces quelques mots, voudrait-il bien contacter « Les Chroniques d’Agnès » et éclairer notre lanterne ?...

En attendant la foule de témoignages qui ne va pas tarder à saturer la boîte mail, concentrons-nous sur ce que nous connaissons le mieux : les rêves des pauvres !

Après enquête, et après voir dépassé les premiers embarras devant l’importance de la somme (126 millions d’euros !... Ohlala, je ne me rends pas compte… Je serais bien emmerdé, je crois…), il s’avère que les gens normaux, avec tout ce pognon, feraient exactement ce qu’ils font aujourd’hui, mais en mieux ! Ils rouleraient en voiture, mais une belle voiture. Ils habiteraient quelque part, mais dans une magnifique maison. La plupart ne renouvelleraient pas leur abonnement à la piscine municipale mais feraient leurs longueurs dans leur propre piscine. Ils voyageraient, mais au lieu de prendre un train corail de nuit parce que c’est moins cher et de passer 8 heures à se tourner sur un siège inclinable parce que les sièges inclinables, c’est moins cher que les couchettes, ils prendraient l’avion. Toujours en première ! Tant qu’à faire… Pas d’attente à l’embarquement ; de jolies hôtesses aimables et du champagne. Au lieu d’arriver comme une serpillère au petit matin à la gare et d’attendre un métro en claquant des dents, ils s’engouffreraient, frais comme des boutons de roses, dans un taxi réservé à l’avance pour se rendre dans un hôtel de luxe.

Voilà ce que feraient les gens normaux s’ils gagnaient au Loto.

En ce qui concerne l’épineuse question du travail, la plupart des personnes interrogées confirment ce que l’on supposait : quasiment personne n’envisage d’arrêter de travailler de peur de (Oh, suprême crainte des gens normaux !) « finir par s’ennuyer !! »

Donc, ils travailleraient, c’est certain, mais ils envisageraient le travail tout à fait différemment (tu m’étonnes, avec 126 millions d’euros !...) Ils s’investiraient dans quelque chose qui leur tient vraiment à cœur. Et, surtout, ils partageraient avec leur famille. Quand on est à la tête d’une fortune équivalente à la dette extérieure d’un pays en voie de développement, le moins que l’on puisse faire est de filer un petit chèque à Tonton Marcel pour lui permettre de refaire le toit de sa maison !...

C’est généreux et tout à leur honneur.

Malheureusement, passées ces premières intentions, les confidences s’arrêtent.

Une fois ces premiers rêves assouvis (maison, voiture, voyage, réfection du toit de Tonton Marcel…), il reste encore 125, 5 millions d’euros dans la cagnotte ! C’est à ce moment-là que l’imagination des pauvres se tarit. Personne ne sait quoi faire des 125, 5 millions d’euros restant. Personne n’a jamais envisagé d’avoir un jour assez d’argent pour se retrouver embarrassé avec…

Ca faisait un petit moment que « Les Chroniques d’Agnès » n’avaient pas organisé de concours.

En voici un : « Et vous ? Que feriez-vous si vous gagniez 126 millions d’euros au Loto ?... »

Tout le monde sait très bien que vous achèteriez une maison, une voiture, une villa de vacances aux Bahamas et que vous fileriez tout ce qu’il faut à votre famille et à vos proches…

Le concours concerne donc la deuxième partie de la question : « Une fois vos rêves normaux de gens normaux assouvis, que feriez-vous de votre fortune ?... »

N’hésitez pas à envoyez vos propositions par le biais des liens « commentaires », ou « contact ».

Qui dit concours, dit premier prix.

Ce ne sera pas 126 millions d’euros, ne rêvez pas. Néanmoins, pour rester dans le ton, et puisqu’il est entendu que devenus riches, les gens normaux feraient ce qu’ils font d’habitude, mais en mieux, voici un premier prix modulable en fonction de l’état de fortune du moment :

1er prix : Une bière avec l’organisatrice du concours, au Bar Au Clou, à Bayonne, sur les Quais, en regardant le soleil se coucher sur la Nive.

Fermez les yeux, multipliez ce premier prix par 126 millions d’euros et appréciez le résultat… (Champagne, Grands crus, Margarita, hôtels de luxe, plages, Acapulco, Honolulu…)

Et pour rester fidèle à la tradition, afin d’encourager les participations des lecteurs, voici la contribution (hors-concours) des « Chroniques d’Agnès » :
Avec 126 millions d’euros, j’arrête immédiatement de travailler !

Chaque fois que je me sentirais coupable d’avoir de l’argent et de ne rien faire pour, où chaque fois que je m’ennuierais, je repenserais à toute ces années où je me suis levée le matin pour bosser sans pour autant réussir à joindre les deux bouts. Et si je me sens toujours coupable après ça, j’écrirais un roman qui traite du sujet… Où un film… Où des chroniques dans un blog qui parlerait de mon mal-être de nouvelle riche !...

D’autre part, je ferais en sorte que mes amis cessent de travailler aussi. Et j’organiserais un jeu de piste géant à l’échelle planétaire.

En voici le principe : un « trésor » (n’importe quoi, un objet quelconque, une chouette, une vieille sandale, on s’en fout, on est là pour jouer…) caché quelque part dans le monde (tant qu’à faire, plus du côté de la Nouvelle Zélande que de Châtellerault).

Des énigmes, porteuses d’indices, disséminées aux quatre coins du monde promèneront les participants dans les coins les plus fameux de la planète (et les autres…) Les équipes de deux ou trois seront modulables et interchangeables en fonction des énigmes et des épreuves…

Le but étant de découvrir le « trésor », d’y arriver les premiers et d’y attendre les autres en buvant des coups.

Exemple d’énigme : « Rendez-vous samedi 23 Mai à côté du téléphone public, en bas de l’Empire State Building. A 20h31 précise, le téléphone sonnera. Au bout du fil, un interlocuteur vous donnera des détails concerna votre épreuve du jour. »

L’équipe qui répondra au téléphone en bas de l’Empire State Building le samedi 23 Mai, à 20h31 précise, se verra proposer une épreuve (genre, puisqu’on y est : se rendre au 86ème étage de l’Empire State Building. Là, trouver un portier prénommé Bob, lequel leur remettra une enveloppe indiquant que le prochain indice se trouve sur le pont d’un yacht amarré entre Saint-Martin et Anguilla….

Et c’est parti pour les Caraïbes…

Et ainsi de suite… 

Avec la monnaie des cigarettes, j’ai validé un bulletin de Loto.

Les amis, vous pouvez commencer à boucler vos valises !...


 

Place à ce que vous feriez, vous…

Par agnesyob
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Dimanche 3 mai 2009

Deux choix sont possibles :
- Ou bien, se tenir prêt derrière la fenêtre, avec tout son matériel à portée de main et attendre, plein d’espoir mélancolique, un hypothétique retour des beaux jours…
- Ou bien, y aller !

Allez, on s’en fout ! On y va ! Emboitez le pas du « Je ».


Voyage expérimental n°2 

Le voyage : Dodéca Tourisme.
Enoncé : Composer un itinéraire basé sur le chiffre 12.
Matériel : Une carte, un horaire ou n’importe quel concept de voyage en rapport avec le chiffre 12.
Méthode : Le chiffre 12, étonnamment flexible et modulable, peut s’adapter à de nombreuses expériences. En voici quelques exemples : 
-  Prendre un train qui part à 12h12 et descendre au 12ème arrêt.
- Marcher ou nager le long du 12ème parallèle.
- Voyager en ne séjournant que dans des chambres portant le numéro 12.
- Partir faire un tour du monde avec 12 euros (ou 12 dollars, 12 livres…) en poche…

L’air de rien, le Dodéca Tourisme demande deux secondes de réflexion avant le grand départ.
Faire un voyage basé sur le chiffre 12… Les premières idées qui viennent en tête sont, la ligne 12, 12ème arrêt… D’accord… Ensuite, éventuellement, je pourrais envisager de dépenser 12 euros quelque part… Pourquoi pas m’attarder avec la 12ème personne rencontrée…
Bon… On verra bien !... Commençons par le plus simple : ligne 12, 12ème arrêt. Après… Il paraît que le hasard fait bien les choses !
Juste un léger coup d’œil sur le plan, pour voir à peu près où je vais me retrouver et… le hasard fait vraiment bien les choses !

Dodéca Tourisme : 12 étapes pour un grand voyage


Etape n°1 : Gare Saint-Lazare

Le principe de base étant posé (prendre la ligne de métro n°12 et descendre au 12ème arrêt), il s’agit maintenant d’attraper le métro n°12 à l’arrêt le plus proche de l’appartement.

Après vérification sur le plan, il s’avère que l’arrêt le plus proche est la Gare Saint-Lazare.

Oh !...

Je n’aime pas tellement la Gare Saint-Lazare. De toutes les gares parisiennes, c’est, de loin, la plus sordide. La faute à ces travaux gigantesques engagés depuis quoi ?... 30 ans ! et qui n’avancent pas ! Je ne comprends pas ! Je veux bien croire que rénover une gare, non seulement l’intérieur, mais également l’accès extérieur prend du temps, mais, tout de même… 30 ans ! (plus ou moins…) Franchement, qu’est-ce que vous fichez, les gars ?... D’ailleurs, où êtes-vous, les gars ?... La gare est en travaux, mais aucun ouvrier ne travaille sur le chantier ! En y réfléchissant bien, je ne crois pas avoir jamais vu un ouvrier bosser Gare Saint-Lazare. Pas d’ouvriers, juste des trous gigantesques dans le sol sur l’esplanade et des fils électriques qui pendent entre les gravats à l’intérieur.

Le parvis est tellement troué qu’on a l’impression qu’il va s’enfoncer dans le sol. Pouf !... Comme ça, d’un coup !

Quant à l’intérieur… Pour ceux qui ne seraient pas familiers de l’endroit, il faut savoir que la Gare Saint-Lazare cultive un petit côté « zone démilitarisée » à vous décourager d’aller en Normandie !...

Tous les fils électriques de l’édifice sont à nus et pendouillent dangereusement le long des murs. Le faux plafond a disparu depuis longtemps pour laisser apparaitre des poutres en métal rouillé. Les quelques murs d’origine encore debout sont parsemés de trous gros comme des éclats d’obus. Quant aux bâtiments provisoires en préfabriqué, plus personne n’est dupe : ils n’ont pas l’intention de bouger !


Quel endroit étrange ! Pour peu que des militaires patrouillent sur le quai,  mitraillettes au poing et chiens muselés à leur côté… Les gens fuiraient-ils Paris bombardée ?...






En attendant leur train (ou la vérification de leur laissez-passer par les autorités militaires…), les voyageurs peuvent toujours se réfugier dans la Salle Des Pas Perdus. Quel nom merveilleux !... Toutes les salles d’attente devraient être rebaptisées « Salle des Pas Perdus » ! Le temps coule différemment dans une Salle des Pas Perdus. Il est lent, inutile et énervant dans une salle d’attente. Il voyage dans une Salle des Pas Perdus…..

Même dans celle de Saint-Lazare, qui est, pourtant, sacrement gratinée !

Comme dire ?… La Salle des Pas Perdus de la Gare Saint-Lazare est un no man’s land désolé qui ne laisse pas d’autre choix que de prendre des photos en noir et blanc !

Dans cette gigantesque salle de béton vide, quelques voyageurs, perdus dans l’immensité, attendent au milieu des gravats et de la poussière. On a l’impression qu’ils sont assis là depuis 60 ans et que, dans 60 ans, ils y seront toujours. Je réprime une envie de me planter devant eux et de leur déclamer les premières répliques de la pièce de Brecht :
    -   Rien à faire !...
    -  Je commence à le croire…

    -  Qu’est-ce qu’on fait ?... 
    -  On attend Godot ! 


 

Même les escalators pour descendre au métro ne marchent pas !

Alors là !... Ca, ce n’est pas possible ! En bonne Parisienne occasionnelle que je suis, je prends comme un outrage personnel le fait que des escalators ne fonctionnent pas ! Et c’est en râlant comme un pou (Parisienne, même occasionnelle, vous dis-je…) que je descends vers la Ligne 12.

Dès le bas des marches, toutefois, un signe est là qui m’enlève tous mes doutes. Il m’attend, juste pour me rassurer et me certifier que je ne dois pas m’arrêter ni au côté sordide de la Gare Saint-Lazare, ni aux escalators hors service… Malgré l’étrangeté de cette première étape, le signe me le clame haut et fort : je suis sur la bonne route !

En bas des marches, un aveugle fait la manche, adossé contre un mur. Il est accompagné d’un petit poste radio crachotant. Malgré le son horrible de la sono (et, également, en passant rapidement sur le côté glauque d’un aveugle faisant la manche dans un couloir de métro sordide, en bas d’un escalator cassé, accompagné d’un poste de radio pourri… Après tout, nous sommes Gare Saint-Lazare…), je ne peux m’empêcher de sourire.

La radio diffuse « Le Petit Cheval » de Georges Brassens…

Juste avant la guerre, le jeune Georges était en train de mal tourner à Sète. Oh, rien de bien grave encore, mais des bricoles, à droite à gauche… Des bricoles qui ne présageaient rien de bon… Alors, après l’épisode des « Quatre Bacheliers », son père prit la décision de lui faire quitter Sète et ses mauvaises fréquentations. C’est ainsi, qu’en 1939, Brassens débarqua à Paris et s’installa tout d’abord chez sa Tante Antoinette. 14ème  arrondissement… Brassens a habité plus de 40 ans dans ce quartier.


Ca tombe bien, c’est là où je vais… Où je veux aller… Le 12ème arrêt de la ligne 12 du métro, au départ de la Gare Saint-Lazare est la station « Volontaire ». C’est dans le 15ème. A partir de là, je vais chercher…

« Corne d’Auroch » défile tandis que je prends quelques notes, assise sur le tabouret d’un photomaton.
Sur le rideau de la cabine, un amoureux (ou une amoureuse…) a dessiné un cœur transpercé d’une flèche, avec deux initiales. « C+K, Pour la Vie ». C’est adorable ! Moi qui pensais que graffiter des cœurs avec des initiales ne se faisait plus depuis la fin des années 70… Juste sous l’inscription « Pour la Vie », un habitant de l’an 2009 a rajouté « …ou pas… ».




La radio de l’aveugle diffuse maintenant : « Il n’y a pas d’amour heureux »… Allons, il est temps d’y aller ! Car, enfin… Georges… Vous en avez eu des amours heureux ! Des plus difficiles aussi, mais, si vous le permettez, je voudrais simplement me souvenir de la Poupée devant laquelle vous vous faisiez tout petit. Rappelez-vous, vous aviez eu l’honneur de ne pas lui demander sa main… Je crois, mon cher Georges, et pardonnez-moi d’être aussi familière avec vous, mais, après tout, depuis le temps, nous ne sommes plus vraiment des étrangers, je crois que vous étiez homme à avoir des amours heureux.


Etape n°2 : Ligne 12

Je m’engouffre dans la rame de métro n°12, direction « Mairie d’Issy »… Pourquoi « Mairie d’Issy » me diriez-vous ?... Pourquoi cette direction et pas dans l’autre sens, vers « Porte de la Chapelle » ?... La réponse est toute simple.

Outre le fait que, le hasard faisant parfaitement les choses, je vais me retrouver chez Georges Brassens, je suis sensée descendre au 12ème arrêt et en partant de la Gare Saint-Lazare, je ne peux aller que dans la direction « Mairie d’Issy ». Il n’y a pas 12 arrêts d’ici la Porte de la Chapelle !








 

 

 

 

 

 

 

 

J’adore le métro.

J’ai toujours trouvé le métro formidable. D’abord, c’est le moyen le plus rapide et le plus économique pour traverser Paris, mais c’est aussi un lieu extraordinaire où le spectacle est permanent. Pour tout avouer, je n’ai jamais pu me résoudre à faire comme la majorité des voyageurs, à savoir, avoir toujours un bouquin dans mon sac et lire durant les trajets. Sans doute est-ce parce que je ne suis qu’une Parisienne occasionnelle, mais je ne me lasse pas de regarder et d’écouter. Un clochard, politiquement engagé, en appelle à mon bon cœur (ou essaie de me refourguer la carte du PCF, ce n’est pas très clair…) ; une bande de « wesh-wesh », pomponnés de la casquette aux baskets, braille histoire de bien faire admirer le goût très sûr avec lequel leurs jeans, descendus au milieu des fesses, laissent apercevoir le haut de leurs caleçons… Ca n’impressionne pas plus que ça la femme maquillée comme un vampire en face de moi… Avec son teint blafard, ses yeux noirs et ses lèvres sanguinolentes, elle vit depuis 350 ans. Elle en a vu d’autre…

Petit à petit, je me laisse bercer. Le clochard est allé tenter de convaincre les passagers de l’autre rame de se rallier à la Révolution Communiste ; la femme vampire s’est évaporée ; les braillements de divas des jeunes gens s’effacent et mon esprit se met à vagabonder des années en arrière…

Tous les dimanches de mon enfance mon père se faisait un plaisir de nous réveiller en mettant une chanson de Brassens sur sa chaine Hi-fi…

Je détestais ça ! Me faire réveiller le dimanche matin, à l’époque, c’était un peu comme maintenant tomber sur des escalators hors-service : un outrage personnel ! Petite, déjà, j’aimais dormir le matin. Dans une enfance parfaite, j’envisageais tout à fait sereinement la possibilité de dormir jusqu’à pas d’heure le dimanche matin, juste récompense pour m’être levée aux aurores toute la semaine. Et tout ça pour quoi ?.... L’école ! Pfui !...

Mes parents avaient une autre conception de ce que devait être une enfance parfaite. Conception assez basique, je dois dire, qui devait beaucoup à la force de conviction de ma mère : « Si, moi, je suis réveillée, il n’y a aucune raison que les autres dorment ! ». Sa méthode me fait sourire maintenant, mais, à l’époque, elle m’arrachait des hurlements de colère du fond de mon lit. Quand ma mère estimait qu’il était plus que temps que sa progéniture se lève, elle branchait l’aspirateur et s’employait à faire le ménage juste devant la porte de nos chambres en, régulièrement, heurtant la porte avec l’aspirateur… EXPRES !!! Non, finalement, à bien y réfléchir, ça ne me fait toujours pas sourire. Même avec le recul des années, je trouve toujours cette méthode scandaleuse. Alors, quand mon père prenait le relais avec sa chaine Hi-fi et ses 33-tours de Georges Brassens, c’était finalement un soulagement.
Tous les dimanches de toute mon enfance, une nouvelle chanson de Georges Brassens… Je n’écoutais pas, je ne voulais pas me réveiller, je ne comprenais pas trop, je ne sais toujours pas si ce rituel était un plaisir égoïste de mon père ou une tendre manœuvre pour, subtilement, nous offrir un cadeau dont nous apprécierions la valeur un jour ou l’autre… Toujours est-il qu’au fil des années, toute l’œuvre de Brassens s’est ancrée dans nos jeunes cerveaux. Au fil des années, aussi, je me suis résignée à être réveillée le dimanche matin et, avant que ma mère ne branche l’aspirateur, j’avais déjà les yeux ouverts, espérant que mon père, ce dimanche, serait le plus rapide et me demandant quelle chanson il allait choisir. J’avais une petite tendresse pour « Marinette » parce qu’on y entendait un gros mot et j’adorais « Les Sabots d’Hélène », parce que l’histoire se finissait bien pour cette pauvre Hélène dont tout le monde se moquait. Après tout, ce n’était pas sa faute si elle était trop pauvre pour s’acheter des chaussures neuves !...

De me souvenir de ces dimanches d’enfance pour les écrire… Ils me manquent… Brassens me manque le dimanche matin…

Et je manque de louper le 12ème arrêt…

Etape n°3 : Station « Volontaire »

Où ai-je atterri ?...
Dans le 15ème arrondissement, c’est écrit sur les panneaux, mais à part cette indication, c’est le flou total !

C’est le problème avec les arrondissements situés en-dessous de la Gare Montparnasse : on n’y met jamais les pieds ! Du coup, on ne les connaît pas !

Je sors du métro Rue des Volontaires. C’est bien la première fois de ma vie que je me retrouve par ici et je ne trouve rien à en dire. C’est une rue tranquille et banale, mais cela m’affecte peu. Je n’ai pas l’intention d’y passer l’après-midi. Mon but est d’exploiter le chiffre 12 pour déambuler dans les rues qu’arpentait Georges Brassens, lesquelles sont situées tout autour de moi.

Il faut juste que je jette un coup d’œil à mon plan pour vérifier que je suis bien dans la bonne direction et…. Voilà ! Il fallait s’en douter ! J’ai oublié le plan à l’appartement ! Je suis, parfois, désespérément prévisible !... Tant pis ! J’improvise et j’y vais à l’instinct. Je suis venue à la rencontre de Georges Brassens, je n’ai qu’à ouvrir grand mes yeux et mes oreilles et être à l’affut d’un son de guitare…

Etape n°4 : Un quartier résidentiel

Au hasard, je remonte la Rue des Volontaires en me disant que je n’ai qu’à tourner dans des rues aux noms plaisants… Et je me retrouve, vite fait bien fait, en plein cœur du 15ème arrondissement !

Que dire du 15ème arrondissement ?... A vrai dire, pas grand-chose ! Ce n’est pas désagréable de flâner au petit bonheur la chance, mais, il n’y a pas, non plus, de quoi se jeter contre les murs d’enthousiasme… Le 15ème est un quartier calme et résidentiel (ce qui me fait penser, un bref instant, avec le plus parfait mauvais esprit : « Tu m’étonnes qu’on y foute jamais les pieds !...)

De manière totalement arbitraire, je tourne à droite pour m’enfoncer dans la Rue Falguière. Tout ça parce que « Falguière » était le nom d’un ancien copain et que j’aperçois du soleil et des arbres tout au bout. Il ne m’en faut pas plus.

400 mètres plus loin, je suis assez déçue par la Rue Falguière. Quel calme !... Il n’y a donc pas de voiture dans le 15ème arrondissement ?... Ah, si ! Il y en a trois ! Elles tournent lentement en boucle dans le quartier. C’est bien simple, il y a plus de poussettes que de voitures. Sans vouloir m’avancer, je dirais que le 15ème arrondissement est le coin des familles. Des immeubles, des crèches, des squares et des écoles et… fin de la Rue Falguière, je suis perdue !

Etape n°5 : Perdue !

Suis-je toujours dans le 15ème ?... Aucune idée ! La Rue Falguière s’achève sur un mini rond point inconnu. Aucun panneau, aucun plan, c’est le calme plat. Même les trois voitures du quartier ont disparu. L’avantage est que je peux m’adonner à mon activité urbaine favorite (pour mémoire : traverser la rue n’importe quand, n’importe comment, pour vérifier à quel point ma bonne étoile veille sur moi) sans le moindre risque. Je peux même m’arrêter en plein milieu de la chaussée et noter cette réflexion dans mon petit carnet et… ça va !

Ca va d’autant plus que voici un plan du quartier !

Bien, tâchons de reprendre le fil du voyage et de nous diriger vers le Parc Georges Brassens. Il me semble qu’il faudrait descendre, ou remonter, la Rue Vouillé, mais… Allez, c’est parti pour la Rue Vouillé !

Je marche, je marche, je marche…. Mais où est-donc le Parc Georges Brassens ?... A première vue, la Rue Vouillé n’était pas une bonne idée… Si ça se trouve, je vais dans la mauvaise direction… C’est possible… Promis : au périph, je m’arrête et je fais demi-tour !

Je continue de marcher et je ne sais absolument pas où je me trouve, ni où je vais.

Histoire de faire quelque chose, je descends la Rue des Morillons. Aucune raison particulière. Le Parc Georges Brassens n’est pas par là. Pas besoin d’un plan pour le savoir, mais je descends quand même la Rue des Morillons, comme ça, pour changer. Il faut bien aller quelque part… Le quartier est de plus en plus calme et silencieux. Suis-je toujours à Paris ou ai-je été subitement transportée à Limoges un dimanche après-midi ?...

J’avance…

Mon père, jeune marié et déjà papa, avait passé les concours de la fonction publique. En tant que jeune marié et jeune père, il était urgent de subvenir aux besoins de sa famille. Donc, certainement plus par obligation que par réelle conviction (encore une question dont je ne connais pas la réponse…), il avait passé des concours et avait été reçu à celui des douanes.

Ma mère pouvait souffler. Enfin, ils allaient pouvoir partir de chez leurs parents, s’installer et élever leurs enfants dans leur propre maison…Avec un mari fonctionnaire, l’avenir était sécurisé.

Tout s’annonçait pour le mieux. Sauf que le jour de sa première paye, alors que les valises étaient prêtes sur le palier de la maison de mes grands-parents, alors que ma mère avait calculé au plus juste ce que leur couterait un déménagement, qu’elle s’était rendue compte que fonctionnaire ou pas, il allait falloir faire attention aux dépenses, mon père est arrivé, tout fier, en brandissant une guitare.

Avec sa première paye, mon père a acheté une guitare pour jouer et chanter du Georges Brassens.

Plus de 40 ans après, je crois que ma mère n’a toujours pas décoléré…

Yiha !.... Enfin ! Je manque tout de même de me faire écraser ! Je dois être sortie du 15ème

Etape n°6 : Porte de Vanves

Ah ! Tout de même ! Porte de Vanves ! Et, tiens !... Il y a un tramway !... Ah bon ?…

A mi-parcours, je raccroche enfin les wagons et je me retrouve réellement chez Georges Brassens.

J’avance le long du Boulevard Brune. C’est beau comme nom, le Boulevard Brune. Ca me rappelle « La Petite Brune du Boulevard Brune » de Manu Chao, mais, pour l’instant, une autre chanson occupe mon esprit :

« Voici ce qu’il advint jadis grosso modo

Entre la rue Didot et la rue de Vanves,

Où je débarquais de mon Languedo,

Entre la rue de Vanves et la Rue Didot… »

Et je repense à la guitare de mon père. Elle est toujours là, dans un coin du salon… Toute abimée d’avoir été tellement jouée, tellement trimballée… Avec la caisse défigurée par une grosse balafre que mon père a réparé tant bien que mal avec de la colle. Il y a d’autres guitares, bien sûr. Plus neuves, plus belles, plus performantes… Mais la vieille guitare recollée de mon père est toujours dans le salon, juste à côté de la table basse où trônent d’anciennes partitions datant de la même époque. « Embrasse-les tous », « Les funérailles d’antan », « Le Père Noël et la Petite Fille », « Gastibelza »… Les partitions, comme la guitare, n’ont jamais été rangées dans un placard. Chaque fois que je les regarde, je m’imagine mon père, jeune homme, s’usant les doigts sur les accords de « La Princesse et le croque-notes », entouré des trois bébés pleurnicheurs que mes frères et moi n’avons sûrement pas manqué d’être… Brassens a toujours droit de citer dans le salon. Bien qu’il ait, depuis, investi dans de magnifiques instruments, j’aime penser que mon père commence toujours par apprendre une nouvelle chanson en jouant sur sa vieille guitare recollée… Mais, peut-être que j’invente…

Etape n°7 : Rue Didot


J’y suis ! Rue Didot. Un petit village animé que j’arpente en flânant gaiement, en occupant un maximum l’espace pour être bien sûre de mettre mes pieds là où Brassens les a posés tant de fois.


Je m’arrête acheter des cigarettes dans un antique bar-tabac. Pour moi, ça ne fait aucun doute : cet endroit existait déjà au siècle dernier et je suis certaine que Georges y venait régulièrement s’approvisionner en tabac pour sa pipe.

J’ai l’impression d’avoir remonté le temps et d’avancer dans les années cinquante. Les devantures des magasins n’ont pas changées depuis des décennies. Un salon de coiffure affiche toujours des photos décolorées de coupes de cheveux plus du tout à la mode depuis très longtemps. Régulièrement, de chaque côté, la Rue Didot est traversée par d’adorables ruelles pavées, bordées par les glycines des anciennes petites maisons d’ouvriers…

Est-ce la réalité ou est-ce uniquement ce que je veux bien voir ?... Toujours est-il que j’aimerais presque que mes yeux voient en noir et blanc… Du moins, jusqu’au bout de la rue…

Etape n°8 : Villa Mallebay

Parmi toutes les ruelles croisant la Rue Didot, il en est une exceptionnelle : La Villa Mallebay. Ah oui, ces ruelles portent le nom de « Villa ». Je ne sais absolument pas pourquoi, mais je trouve ça charmant. Enfin… Je me balade Rue Didot, il fait beau et Georges m’accompagne… Je trouve tout charmant ! Ce n’est donc pas une référence. D’autant plus que j’aime bien « Ruelle » aussi… Bref, là, c’est « Villa » et c’est très bien (bien qu’il n’y ait pas de Villas à proprement parler dans ces ruelles…)

Toujours est-il qu’en remontant le temps Rue Didot, je tombe sur un petit coin de paradis. A l’angle d’un minuscule restaurant « La petite cuisine de John » (qui est tellement fier de proposer un si grand choix dans une si petite cuisine qu’il abuse des points d’exclamations !!!), je découvre la Villa Mallebay.

 

Une magnifique impasse pavée où s’alignent d’anciens ateliers ouvriers reconvertis en maisonnettes. Quelle merveille ! Si certains ont cédé à la tendance « Moi aussi, je vis dans un (mini) loft et, tant qu’à faire, il est gardé par des dinosaures ! », la plupart des maisonnettes sont superbes. Certaines sont pratiquement invisibles, cachées par les glycines et la végétation. Paris est décidemment une ville pleine de surprises….

Etape n°9 : Croisement Didot – Alésia - Gergovie

Je dépasse la Rue de l’Abbé Carton (Ce nom devait faire rigoler Brassens, non ?...) et débouche sur le croisement des Rues d’Alésia et de Gergovie.

Le premier domicile parisien de Georges Brassens, dans les années 40, était ici, Rue d’Alésia, chez sa Tante Antoinette. Je ne m’attarde pas. Je ne fais que passer. A peine le temps d’un petit coup d’œil au plan de l’arrêt de bus, histoire de vérifier ma direction… Je sais où je vais. C’est un peu plus loin, à quelques rues…

 

« Sa Majesté Financière

Comme je n'fais rien à son goût,

Garde son or, or, de son or, moi j’m’en fous,

J’ai rendez-vous avec vous… »

Etape n°10 : Place Flora Tristan

Je poursuis ma route et croise la petite place Flora Tristan. Que j’aime Paris quand Paris ressemble à une placette du 14ème arrondissement. Une placette qui prend son temps sous le soleil. Il y a des immeubles bas, un peu décrépits, avec des géraniums aux fenêtres. Un café, profitant de la douceur de l’air, a sorti ses tables en terrasse. Des gamins font du vélo et du bruit…

La place Flora Tristan donne envie de s’arrêter et de boire un coup…

D’ailleurs, je m’arrête à la terrasse du café et je bois un coup. Les filles de la table à côté parlent de mecs, un type lit son journal, un des gamins à vélo vient de se vautrer sur les pavés. Il fait semblant de ne pas avoir mal parce que ses copains le regarde, mais ça se voit qu’il est à deux doigts de pleurer… Je passerais bien des heures à boire des coups sur la place Flora Tristan…

   

Etape n°11 : Encore perdue !

Je m’auto-fatigue ! Je ne comprends vraiment pas comment j’en suis arrivée là. Il y a à peine trois minutes j’avançais, toujours Rue Didot. La Tour Montparnasse se découpait derrière les immeubles. Tout était parfait, je savais où j’allais. Et, subitement, voilà que je décide de prendre un raccourci et de couper par la Rue du Château !... Quelle mauvaise idée ! Me revoilà complètement perdue. Je gravite autour de l’endroit, je le sens, mais impossible de me sortir de cet imbroglio de petites rues et, surtout, impossible de me repérer grâce au plan, je l’ai oublié à l’appartement !!

En râlant, parce que je commence à fatiguer, je remonte maintenant l’Avenue du Maine et ça ne me va pas du tout. J’ai quitté le village pour la ville. Si ça continue, je vais me retrouver Gare Montparnasse, ce qui n’est pas mon but ! En attendant de tomber sur une bouche de métro et son plan salvateur, j’avance machinalement en essayant de reconnaître le paysage (je suis quand même déjà venue une fois, je devrais me repérer…) et je laisse les souvenirs remonter. Un souvenir un peu flou d’abord. Celui d’un jour lointain où, au détour d’une conversation que j’ai oublié, mon père me racontait qu’une fois, il avait vu Georges Brassens en concert. C’était à Toulouse, dans les années 70. Il n’en a pas parlé longtemps. Il ne m’a pas vraiment raconté. Il a juste dit : « C’était super… ». Et tandis qu’il me disait « C’était super… », moi, j’avais l’impression que 1973, c’était hier soir.

C’est bon ! Vérification sur le plan de l’arrêt Gaîté. Je vois mon erreur et, surtout, je vois comment y remédier. J’arrête de flâner et de faire n’importe quoi, maintenant. Et j’y vais !

Je replonge dans le village du 14ème arrondissement et remonte la Rue Raymond Losserand d’un pas décidé.

Et puis, il y a eu ce jour de fin Octobre 1981. Ce jour-là, dans un minuscule bureau de presse de Sarreguemines, « Libération » annonçait : « Brassens casse sa pipe ».

Ce jour-là, mes frères et moi nous nous sommes offert notre premier « Comics » et mon père nous a acheté la BD sans dire un mot…

Etape n°12 : Impasse Florimont

Fin du voyage. Chez Jeanne.



Pendant la guerre, pour échapper au STO, Georges Brassens est venu se cacher dans la toute petite Impasse Florimont chez une amie de sa tante, Jeanne Le Bonniec… Jeanne, la Jeanne… Il y est resté des années. Dans la minuscule maisonnette au fond de l’Impasse, il a lut, il a écrit, il a composé et joué de la guitare. Il a aussi « rien foutu ». Avant de décider d’y échapper, il avait déjà été envoyé en Allemagne pour effectuer ce Service du Travail Obligatoire. Quand ses compagnons de chambrée lui avaient demandé ce qu’il faisait dans la vraie vie, c’est ce qu’il leur avait répondu : « Moi, je fous rien ! »

Un petit portail vert barre l’accès du fond de l’Impasse. Je n’ose pas franchir ce portail de peur de déranger. La maisonnette est habitée et, si mes souvenirs sont bons, par Pierre Onteniente, l’ami intime de Brassens, le fameux Gibraltar, celui qui l’a toujours accompagné. Je n'ose pas déranger. Alors, je me contente de regarder le chat perché sur le toit.


Ca serait bien d’aller frapper à la porte.

Aller frapper à la porte pour, peut-être, être accueillie par une femme plus toute jeune, veillant jalousement sur son protégé. Tout d’abord, elle voudra me laisser dehors. Il faut la comprendre : elle est très jalouse, je suis une femme et elle n’aime pas voir des femmes tourner autour de lui. Elle me laissera dehors, c’est certain. Jusqu’à ce qu’il lui crie de me laisser entrer, que tout va bien. Et c’est ainsi que je me retrouverais à table, au milieu d’autres bons à rien, un brin poètes… Il y aura Gibraltar, bien sûr, mais aussi Corne d’Aurochs, l’Auvergnat, l’Oncle Archibald et ce pauvre Martin. En face de nous, celui qui a mal tourné et le mauvais sujet repenti seront assis à côté du vieux Léon. Nous mangerons et nous boirons tout en parlant des amours d’antan, de la chasse aux papillons et de notre mauvaise réputation. Nous redirons, encore une fois, bien fort, que le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con on est con et que ce n’est pas demain la veille que nous mourons pour des idées… La nuit tombera doucement et nous serons toujours à parler, à manger et à boire au fond de l’Impasse Florimont.

Puis, viendra le moment où Georges posera par terre le chat qu’il a sur l’épaule, prendra sa guitare et commencera à chanter…


Et moi, en sortant, quelque soit l’heure, j’appellerais mon père pour lui raconter la soirée dans ses moindres détails. Pour lui dire qui il y avait. Pour lui parler de Jeanne, du chat, de l’odeur du tabac. Pour lui faire la liste de toutes les chansons que Georges Brassens a chanté, sans en oublier une. Pour lui promettre aussi que, la prochaine fois que je passe une soirée Impasse Florimont, il viendra avec moi.

Par agnesyob
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Dimanche 19 avril 2009

Il y a des gens qui n’aiment pas les villes…

Ca peut se comprendre. Parfois, certaines villes sont difficiles à aimer. Ou alors, on les aime un peu, des fois, mais pas tout le temps…

Il y a des gens qui ne se font pas au béton.

Il y a des gens qui pensent, qu’au final, la ville n’est qu’un monstre froid, gris, envahissant, totalement impersonnel, où des milliers de personnes se côtoient quotidiennement, mais où personne ne connaît vraiment personne…. Sans parler du fait que, la plupart du temps, c’est sale, pollué et ça sent mauvais… Avec un peu de chance, il y a aura bien quelques monuments fameux où bâtiments exceptionnels, quelques distractions, mais, généralement, ça ne suffit pas à endiguer le rêve d’une petite (ou moins petite) maison dans un coin calme avec un jardin pour y faire jouer des enfants, pousser des tomates et galoper un chien…

 

Et puis, il y a des gens qui aiment les villes…

Pour le bruit, le mouvement et l’agitation, bien sûr, mais également pour la poésie…

Il y a 40 ans, déjà, certains voyaient la plage sous les pavés… Ceux qui se sont donnés la peine de soulever ces pavés ont trouvé la plage… Pas toujours, mais parfois…

 

Ca n’a pas été simple… Il a fallut chercher et soulever pas mal de pavés…


Ce n’était pas évident… Pourtant, il fallait continuer à chercher…


Malgré les doutes…


Malgré… tout…

 

Ce n’était pas joli, joli, parfois…


Il a fallut batailler, souvent…

 

Se perdre, la plupart du temps…

 

Aller d’un côté et revenir en arrière… On n'est pas déjà passé par là ?…


Il a fallut se prendre quelques bonnes gifles aussi…


Parfois, c’était même assez dangereux…


Personne n’est à l’abri de mauvaises rencontres…

 

Il a même été question de renoncer à un moment… D’autres semblaient plus qualifiés…

 

Cette histoire de plage sous les pavés ne serait-elle qu’une légende urbaine ?…


Un mirage en forme d’étoile filante…


Ne pas céder à la fatigue… Chercher, chercher et chercher encore…


Marquer une pause, juste pour reprendre des forces…


Et repartir en quête…


Tout ce qu'il faut, c'est un petit coup de pouce…


Poser les bonnes questions aux bonnes personnes…


Et puis, un matin, c’est arrivé… Comme ça…


Un signe avant-coureur…

 

… donnait la bonne direction…

 

C’est par là…


Et par là…


Yihaa !…


Finalement, ce n’était pas si loin…


Sous les pavés, la plage !...

Par agnesyob
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Dimanche 12 avril 2009
Alors, là !...
La semaine dernière "Les Chroniques d'Agnès" demandaient des nouvelles de Dan Fante. Et voilà que, cette semaine, les Editions 13è Note publient "Régime Sec", recueil de nouvelles de... Dan Fante !...

Dan Fante va bien ! (Du moins, on le suppose. Attendons cependant, la lecture du livre....) D'après les premiers échos, il semble que Bruno Dante ait pris quelques vacances et n'apparaisse pas dans les pages de "Régime Sec" (Rien que le titre... Tout un programme... de désintox !...)

Bruno Dante est quelque part en train de se refaire une santé. Quant à Dan Fante, il va bien. Il a 64 ans et il écrit...



Une Chronique plus que brève cette semaine (Dimanche de Pâques oblige..). Néanmoins, une réflexion s'impose :

Suffit-il que "Les Chroniques d'Agnès" émettent un souhait un dimanche pour le voir réaliser dans la semaine qui suit ?............................................................

..............................................................................................................

............................ Les possibilités sont génialement....................... infinies !!!!!!
Par agnesyob
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