Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 19:22

Après quelques vacances, revoilà "Les Chroniques d'Agnès", avec une nouvelle chronique londonienne. Enfin, la première partie d'une nouvelle chronique londonienne, car, elle est longue, trop longue, beaucoup trop longue !...

Mais ce fut une longue nuit à Soho...

 

One night in Soho

A peine les (maigres) bagages posés... là où des personnes qui voyagent sans une tenue de rechange peuvent poser leurs bagages, et nous repartons, direction Soho !

 Il est déjà onze heures du soir. Nous sommes jeudi. Autant dire que le week-end commence ! Certains pourraient trouver abusif de commencer le week-end un jeudi soir, mais, comme tout est une question de point de vue, pour nous, le week-end commencera ce soir !

De toute façon, une virée à Soho se passe de prétexte !

Tous les guides et toutes les bochures le martèlent à grand coups de lettres capitales : “Soho : le cœur de la vie nocturne !”, “Soho ! A ne pas rater !” “Pour le Londres branché qui bouge : Soho !”, “Où prendre un verre, faire le pied de grue devant des boîtes de nuit hype en compagnie de jeunes gens branchés : Soho !”, “Soho... Soho... Soho !...”

Soho ! The place to be un jeudi soir, tard !...

Vu le descriptif, le mystère n'est pas bien grand. Nous nous doutons bien de ce qui nous attend à la sortie du métro : des bars, des pubs, des salles de spectacles, des boîtes de nuits, des restaurants et une foule de gens, un verre à la main, qui naviguent de l'un aux autres, entre Oxford Street, Regent Street, Piccadilly Circus et Charing Cross Road. (… A moins que l'on ne soit pas autorisé à naviguer un verre à la main... C'est le problème quand on se laisse embarquer par des promesses de vie nocturne débridée... On en oublierait presque les interdictions qui encadrent le plaisir : Ne fumez pas !... Naviguer si vous voulez, mais rendez-nous les verres !... Et si vous pouviez parler un peu moins fort, ça serait sympa !...)

Ne penser à rien pour l'instant, juste se laisser bercer par le roulis du métro et par les Who.

 

Who are you ?
Who, who, who, who ?
Who are you ?

I woke up in a Soho doorway
A policeman knew my name
He said "You can go sleep at home tonight
If you can get up and walk away"

I staggered back to the underground
And the breeze blew back my hair
I remember throwin' punches around
And preachin' from my chair

Tell me, who are you ?

'Cause I really wanna know

 

Encore une fois, tout est une question de point de vue, mais... c'est toujours aussi bien !

 

Swinging London

Londres, années 60 !... L'avant-garde se regroupe à Soho et donne le « La » en matière d'art, de mode, de musique et, globalement, d'art de vivre.

Les mods roulent en scooter. Les filles sont filiformes et portent la mini-jupe. A la télévision, John Steed et Mme Peel, mènent leurs enquêtes absurdes en toute décontraction. Et sur scène, les Who cassent des guitares ou font exploser des batteries, le plus généralement les deux !...

Face à l'ouragan du Swinging London, la vieille société anglaise ne sait plus où habite la Reine !

Certes, cette époque glorieuse commence à être sérieusement loin derrière, mais, quand on y pense... Les Who, même réduits de moitié, repartent en tournée, de temps à autre. Les Stones n'ont jamais arrêté. Les Beatles en imposeront jusqu'à la fin des temps. La mini-jupe n'est jamais démodée...

Et Roger Daltrey lui-même, continue de l'affirmer : Listening to you I get the music... From you I get the story !

C'est pour ça que nous allons à Soho, un jeudi soir, tard dans la nuit.

Pour voir si, cinquante ans après, tout démarre toujours de là... En espérant tomber sur un garçon et vérifier qu'il est toujours Le Roi du Flipper !...

 

Ever since I was a young boy
I've played the silver ball
From Soho down to Brighton
I must have played them all
But I ain't seen nothing like him
In any amusement hall
That deaf, dumb and blind kid
Sure plays a mean pinball

He's a pinball wizard
There's got to be a twist
A pinball wizard
He's got such a supple wrist

How do you think he does it ?
(I don't know)
What makes him so good ?

 

Piccadilly Circus

Sortie de métro à Piccadilly Circus, sous la pluie et sous les néons agressifs.

Il paraît que l'endroit tient son nom d’un tailleur, installé sur la place, qui a fait fortune dans le commerce des « piccadils », sortes de hauts cols empesés, très en vogue chez les jeunes oisifs fortunés au temps des Stuarts. (Suprêmement fiers de cette référence historique, nous oublierons de préciser que, jusqu'à très récemment, « Piccadilly », nous évoquait plutôt un condiment. Une sorte de moutarde mélangée avec des petits oignons et des morceaux de choux-fleurs…)

Je ne sais pas quelle était l'ambiance au temps des Stuarts, mais aujourd'hui, Piccadilly Circus est conforme à ce que l'on peut attendre d'un tel carrefour : bruyant, encombré, submergé par le brouhaha, encadré par de hautes façades blanches et éclairé comme en plein jour en raison de la luminosité infernale des panneaux publicitaires !...

Les escalators du métro débouchent à l'entrée d'un gigantesque magasin, illuminé comme un sapin de Noël. Au-dessus de nos têtes, une enseigne rouge et or annonce : « Ripley's Believe it or not ». Pressentant la lacune culturelle, j’interroge candidement le très souriant jeune homme dans le hall d'accueil rouge et or. Son sourire s'évanouit aussitôt et ses yeux s'arrondissent. Comment ?... Vous ne connaissez pas Ripley's Believe it or not ?... D'où débarquez-vous ?... De la planète Vulcain ?... (En fait, il n'a pas vraiment parlé de la planète Vulcain, mais vue son expression, il n'en était pas très loin !) Et bien, non, cher jeune homme ! Croyez-moi ou pas, mais je n’ai jamais entendu parler de Ripley's !... Cependant, je maîtrise les codes de mon époque. Vu la taille du magasin, l'excès de rouge et d'or et le nombre exagéré de lumières clignotantes, je me doute que ça doit être quelque chose de plutôt célèbre. Et qui passe à la télé !... D'un coup, une vague angoisse m'étreint : Et si, à cause de mon ignorance, je passais à côté d’un monument de l’art du 20ème et 21ème siècle ?... Et si, sans que je m'en rende compte, depuis toujours, il manquait quelque chose à ma vie ?... Et si ce quelque chose était, justement, Ripley's ?... Ripley's et son univers or et rouge, ses petites lumières qui clignotent partout et (je viens de les apercevoir se dandinant sur la moquette rouge et or de l'entrée) ses deux gros copains en mousse ?... Du bout des lèvres, le jeune homme me révèle que « Ripley's Believe it or not » est le nom d'une marque aussi fantastique qu’elle est fameuse. Une sorte de multinationale de « l'incroyable mais vrai », traquant les Hommes-Troncs, les gens aux pieds palmés, les alligators dans les égouts de New York et les extraterrestres de Roswell... Sitôt ces informations révélées, le jeune homme se détourne de nous et retrouve instantanément son sourire : des touristes enthousiastes se sont massés autour des deux gros bonshommes en mousse (qui, maintenant, font semblant de se bagarrer sur la moquette rouge et or)...

Je ré-entonne les Who et nous nous enfonçons dans les petites rues.

 

Planets crash, the world goes nova,
Sun explodes, all goes black.
You went off swinging London and forgot to come back

 

C'est bien ça !... Des théâtres, des bars, des pubs, des boîtes de nuits et une foule de jeunes gens qui font la fête en buvant des coups ! Visiblement, ce n'est pas le week-end que pour nous. J'ai l'impression, qu'à Soho, c'est un peu le week-end tous les soirs.

Les garçons sont à l'aise et rigolent très fort. Les filles sont jolies, fashion à souhait, pomponnées, maquillées, juchées sur des talons vertigineux et court vêtues, malgré le froid et la pluie. Ca, c'est un vrai mystère : elles sont insensibles au froid ou quoi, toutes ces minettes ?... Comment font-elles ?... Moi, je grelotte rien qu'à les regarder. Et une autre chanson me vient en tête :


I met her in a club in old Soho
where you drink champagne
and it tastes like cherry cola
See-oh-el-aye cola.
she walked up to me
and she asked me to dance
I asked her her name and in a dark brown voice
she said Lola El-oh-el-aye Lola la la la la Lola.

 


L'époque a changé, bien sûr, mais le côté branché-mode est toujours présent. Un peu factice, un peu uniformisé, un peu la même chose qu'à Paris, New York ou Barcelone, mais toujours là quand même...

La pluie continue de tomber. Sans affecter aucun de ces jeunes gens brillants qui font la queue sur le trottoir en attendant que le physionomiste les laisse entrer dans la boîte de nuit. C'est comme si la pluie ne les mouillait pas. Elle glisse gracieusement sur eux, sans les tremper, préférant se concentrer sur... au hasard, moi ! Et si, en guise de test, nous faisions la queue devant un club, nous aussi ?... Juste pour le plaisir d'entendre l'excuse du gorille pour ne pas nous laisser entrer. « Trop de monde à l'intérieur ! » Il y a toujours trop de monde à l'intérieur des boîtes de nuit dans lesquelles nous essayons d'entrer...

C'est la nuit, nous sommes à Londres, nous errons au hasard dans Soho... Cependant, une petite inquiétude ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Peut-être est-ce une erreur d'espérer retrouver la folie du Londres des années 60... A force de lire, de voir et d'en entendre parler, je m'étais un peu imaginé... Je ne sais pas... Un alignement de boutiques, toutes plus excentriques les unes que les autres. Des vêtements que je ne pourrais trouver, ni porter, nulle part ailleurs. De l’invraisemblable. Du beau, du chic, du choc et de l’original. Le tout entre deux pubs et clubs d’où sortiraient des jeunes gens beaux comme des top-models, voire Kate Moss et Pete Doherty.

Et... C'est un peu ça... Sans l'être tout à fait...

Les boutiques pullulent, mais aucune ne présente une vitrine vraiment renversante.

Les jeunes gens sont beaux et branchés, mais... Impossible de se débarrasser de cette impression qu'il s'agit plus d'un groupe de touristes européens en week-end que de l'avant-garde de la branchitude made in London. Et aucune trace de Kate Moss et de Pete Doherty... Peut-être sont-ils déjà à l'intérieur de la boîte...

Je boirais bien une bière...

(La suite... Au prochain épisode !)

Par agnesyob
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 19:38

Ça devait arriver. On longtemps fait comme si ça n'allait jamais arriver, mais, au final, il fallait bien s'en douter : ça nous a rattrapé !

Ça a d'abord commencé doucement, touchant des connaissances lointaines. On s'est dit : les pauvres !... Et on n'y a plus pensé.

Puis, la menace s'est rapprochée. Après les connaissances lointaines, ce fut quelques membres de la famille à être affectés. Là encore, on les a plaint brièvement, on s'est étonné : « Déjà ?... » et on est passé à autre chose. Le seul problème, c'est que c'est devenu de plus en plus difficile de passer à autre chose.

Pendant qu'on cultivait le déni en prétendant avoir mieux à faire, la menace s'est rapprochée encore plus près. Après les connaissances lointaines, les quelques membres de la famille, voici que des amis proches se sont mis à tomber eux aussi. Un d'abord, puis deux, puis trois... Puis, quasiment tous ceux avec qui ont a fêté son bac, il y a... un bon moment déjà !

Voilà ! On y est ! On fait toujours semblant d'avoir mieux à faire, mais la conviction n'y est plus. Plus le temps passe, plus les choses deviennent claires : sur la liste, nous ne sommes pas loin d'être les prochains !

Bientôt, nous aurons tous 40 ans !

Alors, qu'est-ce qu'on fait ?...

C'est une vrai question. Bientôt 40 ans, qu'est-ce qu'on en fait ?...

La question d'aujourd'hui est très claire : faut-il fêter ou ne faut-il pas fêter ?...

Ça va arriver, de toute façon. Alors, nous n'en sommes plus au stade de : ça m'ennuie, je n'ai pas envie. Dites-vous le bien : quoiqu'on dise, quoiqu'on fasse, ça ennuie tout le monde et personne n'a envie. Ce qui n'empêche que ça arrive...

On peut toujours faire le choix de mentir, parce que, c'est vrai, on ne fait vraiment pas ses 40 ans, mais ils sont bel et bien là !

On peut toujours prendre un air détaché, se fondre dans la tendance actuelle qui, après avoir encensé les trentenaires, affirme aujourd'hui que les quadragénaires sont les nouveaux maîtres du monde. (Et oui : le temps marche pour tout le monde, y compris pour les journalistes inventeurs de tendances...). On peut même, en toute honnêteté, être assez d'accord avec eux. 40 est un âge formidable, plutôt classe. On se sent beaucoup mieux à 40 ans qu'à 20 (ce qui est vrai...) ; plus séduisant, plus sûr de soi, mieux dans sa tête, son corps et dans sa vie ! Pour rien au monde, on ne retournerait en arrière (ce qui n'est pas faux non plus...)

Mais, comme on se connait mieux et qu'on a apprit (depuis le temps) à bien s'écouter, impossible d'ignorer la petite musique qui résonne doucement à nos oreilles : 40 ans, c'est formidable, mais ce qu'on aurait préféré, quand même, c'est avoir tout ce qu'on a maintenant à 20 ans !

Alors, on fête ou pas ?...

Disons le tout de suite : d'instinct, comme ça, sans réfléchir, nous, on ne fêterait pas !...

Parce que ça a beau être classe, naturel, que tout va bien, y tal, y tal... On n'a pas vraiment envie !

Ça fait des années qu'on ne fête plus son anniversaire, préférant improviser une « Fête du lierre », ou « Fête des copains » ou « Fête du jeudi soir », comme ça, sans raison..., plutôt que, à date fixe, laisser un rituel social se charger de nous rappeler que nous sommes tous mortels !

C'est exagéré ! Mais, allez savoir pourquoi, à l'approche de la quarantaine, on a un peu tendance à dramatiser. Il paraît qu'on appelle ça, la crise.

Ah, et voilà un autre argument en faveur de « On ne le fête pas !». La crise de 37 ans ½ n'a pas du tout été célébrée, elle. Pas plus que ne l'avait été celle de 34 ans. Quant à celle de 32 ans et 2 mois, elle est passée totalement inaperçue. Pas le moindre petit cadeau n'est venue marquer la fin d'une époque et le démarrage d'une nouvelle vie !... Alors, pourquoi devrait-il en être autrement pour les 40 ans ?... On n'y est pas encore tout à fait, mais, jusqu'à présent, tout roule ! Pas de changement notable. Pas de rupture. Pas de démarrage de quoique ce soit. Rien !

A choisir, 37 ans ½ méritait plus d'être célébré en fanfare ! Mais, allez comprendre, il n'en a rien été ! Et il n'y a eu aucun cadeau ! Les gens ont dû considérer que c'était trop tôt...

Ce qui amène un autre argument en faveur de « On ne le fête pas ! ». Imaginez le plaisir d'ignorer ostensiblement les moralisateurs de tous poils ! Ceux qui ont tout compris, vivent parfaitement bien leur vie et se désespèrent avec condescendance que vous ne viviez pas correctement la vôtre.

Et vu qu'on a 40 ans et que c'est la classe, on peut bien se permettre le luxe de leur faire un cadeau : leur donner de quoi se persuader qu'ils ont raison !

Alors voilà où nous en sommes.

La pression est forte : 40 ans, ça se fête ! Enfin la maturité et la stabilité. De plus, il serait absurde de laisser passer une occasion de faire la fête avec tous ses amis (et ça, c'est plutôt quelque chose avec lequel on serait assez d'accord...). Néanmoins, aucun des arguments en faveur de la grosse fête ne le reconnaît sincèrement : nous sommes déjà à la moitié de notre vie, la vache !...

Mais, alors... Qu'est-ce qu'on fait ?...

On ignore ?... On ne prépare rien ?... On fait comme si ?... Ne soyons pas naïfs : il y a peu de chance que les amis et l'entourage laisse passer l'occasion sans réagir. C'est quand même un des gros avantages d'être arrivé jusqu'à cet âge-là : on a des amis, qu'on connait bien et qui nous connaissent bien et qui, cerise sur le gâteau, nous aiment. On ne va pas se plaindre non plus !...

Alors, ne rien faire, c'est s'exposer au risque de la fête surprise. Attention : S'il y a bien une vérité absolue dans ce monde, c'est celle-ça : tout le monde a droit a une fête-surprise dans sa vie !!! Et c'est formidable !

Mais, ça y est ! Elle a déjà eu lieu. Alors, une autre serait une redite. Mais, d'un autre côté, ce serait tellement plus simple... Laisser aux autres le soin de tout prendre en charge pour fêter notre maturité et notre contrôle sur notre vie... Quelle ironie !...

Avouons-le : la tentation est forte de prendre un billet d'avion au hasard pour n'importe quel endroit et d'annoncer ensuite que, malheureusement, ce voyage qu'on ne peut déplacer tombe, justement, à la date fatidique....

Et après quoi ?... Ça sera tout le même le jour de son anniversaire et on sera tout seul, loin, à boire des coups bêtement...

Ce fucking birthday ne demande l'avis de personne pour arriver. Il arrive, c'est tout. Et non seulement, il arrive, mais en plus, il passe et, déjà, s'avance le prochain...

Enfin un argument en faveur de « On le fête ! »

Puisque rien n'est sous contrôle, faisons la fête ! Une énorme fête ! Qu'on s'amuse, qu'on mange bien, qu'on boive encore mieux, qu'on fasse du bruit et qu'on reçoive des cadeaux !

Pourvu qu'on fasse du bruit !

Prendre les devants. Décider de comment ça va se passer, où, quand, qui inviter.

Puisqu'il faut et que ça arrive, autant le faire à notre manière. Et puis, l'avantage de la fête, c'est qu'elle se suffit à elle-même. Au bout d'un moment, si tout va bien, on fera juste la fête, c'est tout. Sans se soucier de pourquoi on fait la fête.

Sans parler du fait que, débarrassé des questionnements d'un dimanche soir pluvieux... C'est quand même pas mal d'avoir 40 ans !...

Si on pouvait les avoir simplement, sans en faire toute une histoire. Comme si atteindre cet âge relevait d'un exploit extraordinaire...

Et puis, rien n'empêcherait, la même semaine, d'organiser une Fête du Jeudi. Fête, tout de même, beaucoup plus intéressante qu'un anniversaire, vu qu'elle peut se renouveler toute les semaines et non pas seulement une fois par an....

Alors, qu'est-ce qu'on fait ?...

On le fête ou pas ?...

Par agnesyob
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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 00:37

...

Il y a des dimanches où on n'a rien à dire...

Par agnesyob
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 21:34

New York dans mon assiette...

Broadway, Statue de la Liberté, MoMa et Pont de Brooklyn... Aucun problème !... Du moment qu'il y a à manger pour tenir le coup et le rythme ! Ça tombe bien : à New-York, il est possible de se remplir l'estomac à tout heure du jour ou de la nuit. Pizzas, sushis, hamburgers, sandwichs, hot-dogs, canard laqué, steaks et rondelles d'oignons frits...

Le monde entier déborde de l'assiette !

Qui me suit pour une journée-marathon à 8000 calories ?....

8h30 a.m : Tant pis pour le cliché : Starbuck Café dans la rue ! C'est le début de la journée, restons mesuré sur la chantilly ! D'autant plus que vient maintenant l'épreuve du solide : donuts ou pancakes ?... Ne mégotons pas : le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée ! Deux beignets, plus une pile de pancakes, noyée sous du sirop d'érable ! Petite joueuse, je fais l'impasse sur les œufs et le bacon.

11h a.m : J'aurais dû prendre plus de pancakes ! On marche beaucoup dans cette ville, ça donne faim ! Sur un coin de trottoir, une carriole en aluminium me fait de l'œil. Comment ça, pas raisonnable ?... Certes, mais l'arrêt est obligatoire, nous sommes à New York tout de même ! Je veux un hot-dog ! Une saucisse de Frankfort lovée dans un petit pain moelleux... Des oignons ? Bien sûr ! Une pincée de choucroute ? Allons-y ! Ketchup, moutarde ? Les deux ! Mayonnaise ?... On va peut-être s'arrêter là. Ça coule déjà de tous côtés et je ne maîtrise pas ce don si particulier des New-Yorkais : manger en marchant ! Je perds la moitié de mon casse-croûte au croisement de la 7th Avenue et de la 34th Rue.

1h p.m : L'heure du lunch. Direction le Lower East Side et Katz's ! Quitte à manger dans un Delicatessen, autant choisir une légende ! Long comptoir, décor vieillot, tables en formica et murs couverts de photos noir et blanc... Spécialité de la maison : le sandwich au pastrami. Quinze centimètres de bœuf coincés entre deux morceaux de pain ! L'établissement prévient : « Demandez de la mayonnaise, à vos risques et périls ! » Même sans mayonnaise, un nouveau problème se pose : comment attaquer ce monstre ?... Après plusieurs tentatives infructueuses, je me contente de picorer, le plus élégamment possible, du bout des doigts.

Un coca pour faire glisser le tout. Pas light ! Au point où j'en suis, un peu de sucre ne changera pas grand chose...

4h30 p.m : Cheesecake ou cupcake ?... Je me décide pour le cupcake, la seule pâtisserie, trois fois plus grande que le moule dans lequel elle a cuit... Toujours du bout des doigts ; de moins en moins élégamment...

7h p.m : Steak House. Quasiment la moitié d'une vache dans mon assiette. Des tâches blanches commencent à danser devant mes yeux. L'excès de nourriture me provoque des hallucinations : je confonds Brian, le serveur, avec un des participants d'American Idol. Je lui demande de chanter. Effrayé, il s'échappe à une autre table et ne revient plus jamais remplir mon verre d'eau glacée...

11h p.m : J'ai perdu la raison : je traverserais bien le Pont de Brooklyn pour une pizza de chez Grimaldi... (les meilleures de la ville !)

Si je promets de me mettre au sport demain, je peux ?...

3h a.m : Allez !... Un dernier bägel, et au lit !

Par agnesyob
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 21:05
  • Il était une fois, perdue au milieu du désert de Mojave, une cabine téléphonique.
  • Ré-situons l'endroit : désert de Mojave ! Donc, comme son nom l'indique bien... un désert ! Et pas n'importe lequel : un désert entre le Nevada et la Californie. 40000 km2 de plaines rocheuses, battues par les vents, jamais une goutte d'eau, avec, en plein milieu, une merveille de la nature au nom humain se passant de commentaire : La Vallée de La Mort !
  •  Autant dire qu'à cet endroit précis, il a autant de chance de croiser un être humain que de tomber sur Al Pacino au rayon surgelés de l'Intermarché de Bidart...
  •  Qu'est-ce qu'elle fichait là, cette cabine téléphonique ?... Pourquoi ici ?... Et surtout, pour qui ?...
  •  Réponse : pour une poignées de mineurs, atteint de la fièvre de l'or à la fin des années cinquante !
  •  La fièvre retombée, les mineurs partirent tenter leur chance ailleurs et la cabine téléphonique resta là, au milieu de nulle part, complètement oubliée, mais toujours en service...
  • En 1990, un randonneur la découvrit par hasard.
  •  La légende de la Mojave Phone Booth pouvait commencer ! Imaginez-vous : une cabine téléphonique, en service !, plantée au milieu du désert, à des centaines de kilomètres de toute vie humaine... Il n'en fallait pas plus pour réveiller l'imagination de tous les doux rêveurs de la planète. De toute part, une foule de gentils illuminés accoururent, avec une mission précise : répondre au téléphone ! Des gens appelaient du monde entier, demandaient le temps qu'il faisait, racontaient leur vie... Entre une vieille cabine téléphonique au milieu du désert de Mojave et le reste du monde, des fils invisibles se sont tendus. C'était étrange, bizarre, totalement inutile, limite incompréhensible, mais étrangement doux et séduisant.
  •  
  •  Et puis... Les écologistes s'émurent ! Le désert de Mojave est une réserve naturelle. Il s'agissait d'y limiter l'afflux de doux dingues en minibus, piétinant la caillasse ancestrale autour d'une vieille cabine téléphonique délabrée. Quand on songe, qu'en plus, certains, non seulement piétinait la caillasse ancestrale, discutaient des heures avec des inconnus, troublant ainsi la tranquillité des... trucs qu'on trouve dans le désert, mais aussi, en profitaient pour, insidieusement, scruter le ciel et envoyer des signaux lumineux à d'hypothétiques visiteurs extra-terrestres, c'en était trop ! D'ailleurs, une vieille cabine téléphonique délabrée n'avait rien au milieu du désert ! (Certes, on se doute bien qu'elle devait être assez incongrue dans le paysage, mais... qui ça gênait ?... Les yuccas ?...)
  •  Toujours est-il, qu'insensibles aux arguments poétiques de la Mojave Phone Booth, les écologistes obtinrent gain de cause : en mai 2000, la compagnie des téléphones Pacific Bell déconnecta la ligne et démonta la cabine.
  • C'était fini ! Le 1-760-733-9969 sonnerait désormais dans le vide. Les doux dingues reprirent la route en quête... d'autre chose.
  • Les doux dingues trouvent toujours autre chose...
  •  Fin de l'histoire ?... Non ! La Mojave Phone Booth est devenue mythique. Au point de se retrouver dans un épisode d'X-Files.... (Peut-être que pour la majorité d'entre vous, se retrouver dans un épisode d'X-Files est un détail, mais pour celle qui écrit ces mots, ça veut dire beaucoup !)
  •  Mythique au point que certains doux dingues, encore en liberté, se promènent toujours, répétant à qui veut les entendre : « La Mojave Phoone Booth... J'y étais !... En Avril 1993, j'ai répondu au téléphone pendant 4 jours et 4 nuits ! ».
  •  Mythique au point de continuer à rêver, des années après sa disparition, d'être une nuit dans le désert de Mojave, à côté de la cabine, d'entendre la sonnerie retentir, de décrocher... juste pour le bonheur de dire : « Allô... » à quelqu'un, une nuit dans le désert de Mojave.
  •  
  •  Et, pourquoi pas, un soir, appeler... Composer le numéro, juste comme ça, pour voir si quelqu'un répond..  
  • Cabine-2.jpg
  • - Allô... Bonjour...
  • - Bonsoir...
  • - Ah, oui... Bonsoir... Quelle heure est-il ?...
  • - Presque 3h du matin.
  • - Je vous réveille ?...
  • - Non, pas du tout.
  • - Vous vous appelez comment ?...
  • - Steve... Comment allez-vous ?...
  • - Très bien... En fait, c'est plutôt à moi de vous poser la question : comment allez-vous, Steve ?...
  • - Super !... Je suis content de parler avec vous.
  • - Moi aussi,. Dites-moi... Vous n'avez pas trop froid ?...
  • - Un peu, mais pas trop. Je suis enroulé dans mon sac de couchage. J'ai un réchaud, je peux me faire du café, si je veux... Et puis, si jamais la température baisse encore, je peux toujours me mettre à l'arrière du van, seulement... je préfèrerais pas...
  • - … Pourquoi ?...
  • - Si je ferme les portes du van, j'ai peur de ne pas entendre le téléphone.
  • - Ça fait longtemps que vous êtes là ?...
  • - Deux jours.
  • - Exprès ?
  • - Comment ça, exprès ?...
  • - Je veux dire... Vous êtes là depuis deux jours, exprès pour répondre au téléphone ?...
  • - Oui.
  • D'où venez-vous ?...
  • - Caroline du Nord !
  • - La vache ! Ça en fait du chemin pour venir répondre au téléphone... Des gens vous ont appelé ?...
  • - 77 appels depuis deux jours ! D'un peu partout... Des États-Unis, de Suède, de Nouvelle-Zélande, de Chine, des Philippines, du Mexique... et maintenant, vous... J'ai même eu un coup de fil d'un type de Taïwan... Il ne parlait pas un mot d'anglais. Il est resté ¾ d'heure au bout du fil...
  • - Que vous racontent-ils, ces gens qui appellent ?...
  • - Des tas de choses... Fait-il beau, combien sommes-nous autour du téléphone, qu'il a-t-il devant mes yeux ?... Et puis, ils me racontent comment c'est là où ils sont, ce qu'ils font... On discute, quoi...
  • - Et qu'y a-t-il devant vos yeux ?...
  • - Du vide ! Du vide et la nuit !... Dans quelques heures, la nuit sera partie, mais ça sera toujours aussi vide...
  • - Steve ?... Pourquoi êtes-vous là ?...
  • - Pour répondre au téléphone...
  • - Oui... Vous vous rendez compte, tout de même, que c'est un peu... étrange !
  • - Ah... Oui, sûrement, un peu... Vous faites quoi dans la vie ?...
  • - J'écris des textes, tous les dimanches, et je les publie sur un site...
  • - Des textes sur quoi ?...
  • - Sur tout... Sur ce que je veux... Ça dépend des envies...
  • - Sur moi ?...
  • - Sûrement !
  • - Ah... Et les gens lisent ces textes ?...
  • - Je ne sais pas... j'espère... ce n'est pas sûr...
  •  (Silence)
  • - Vous savez... J'ai un peu l'impression que, vous et moi, faisons à peu près le même boulot...
  • - Je n'avais pas vu les choses sous cet angle, mais... Oui, Steve, vous avez raison ! Nous faisons à peu près la même chose. Vous savez, Steve... il n'y a pas grand monde qui vous comprend...
  • - … Je ne sais pas.... Parfois, c'est ce que je me dis, mais... Les gens appellent, vous savez... Même s'ils ne comprennent pas, ils appellent...
  • - Vous comptez rester longtemps ?
  • - Où ?...
  • - Là... A répondre au téléphone ?
  • - Je ne sais pas. Ça va dépendre...
  • - De quoi ?...
  • - Ça va vous paraître un peu idiot...
  • - Try me...
  • - … Je me sens un peu responsable maintenant... Je ne comptais pas rester. Je suis juste venu, comme ça... Je devrais être reparti déjà, mais...
  • - Mais quoi ?...
  • - … mais si jamais quelqu'un appelait et qu'il n'y avait personne pour répondre...
  • - … Je crois... Je crois que je vais attendre que quelqu'un d'autre arrive pour prendre le relais avant de partir... Je ne sais pas si vous comprenez...
  • - Steve... Vous connaissez Beckett ?...
  • - Non.
  • - Ça vous plairait !... Vous savez... ça va peut-être vous paraître un peu idiot...
  • -Try me...
  • - … mais, je m'inquiète pour vous, maintenant. Ça m'ennuie de vous savoir tout seul, là-bas, au milieu de nulle part, enroulé dans votre sac de couchage, avec que du vide et de la nuit autour de vous... Ça m'ennuie et, en même temps, ça me fait un peu envie... Je crois que j'aurais bien aimé répondre à ce téléphone, moi aussi... Vous croyez que quelqu'un va venir vous remplacer ?
  • - Je suis bien venu, moi !
  • - … Steve, promettez-moi que vous allez bouger à un moment donné.
  • - Ne vous en faites pas : dès que quelqu'un arrive, je bouge, promis !...
  •             ...
  • Heureusement que les doux dingues ont un don pour découvrir les Mojave Phone Booth...
  • Et... Bon sang !... Ça devait être quelque chose de répondre à ce téléphone, la nuit, en plein désert de Mojave !...

Cabine-1.jpg

Par agnesyob
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 22:27
Avis à tous ceux et celles de Paris et des environs...

Jeudi 1er Avril à 20h30, au Théatre de l'Odyssée - L'Escale à Levallois !!!!

Représentation de la pièce "Il est moins cinq..."
Texte de mise en scène... Agnès !

Venez nombreux ! (Levallois : deux arrêts de St Lazare ; Théâtre : 1ere rue à droite en sortant de la gare...)

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Par agnesyob
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 23:36

Drôle de machine que nous sommes, tout de même... Si forts, si complets, si performants... Si, si ! Rappelez-vous : ça a pris du temps, mais au fil d'une longue évolution, l'être humain est devenu l'espèce dominante de la planète !
Comme quoi, l'air de rien, il y a de la ressource ! Pour donner un ordre de comparaison, les dinosaures ont échoué. A leur décharge, ils se sont pris des tempêtes de météorites géantes sur le coin du museau, ça ne les a pas aidé !...
Néanmoins... Croisons les doigts avant la prochaine pluie de météores, la plupart du temps, nous assurons.
Quel miracle ! Vu la fragilité de nos constitutions, ce n'était pas gagné. Le moindre souffle d'air suffit à ébranler la mécanique, physiquement et, surtout, psychologiquement... Ça ne laisse rien présager de bon pour la prochaine pluie de météores !....
Trois fois rien nous rend malade ! Trois fois rien, et hop ! La confiance en soi, acquise à la force du poignet, des années durant, mord la poussière ! Qu'est-ce que ça sera quand ça ne sera pas trois fois rien ?...

La confiance est vraiment une chose étrange et versatile : Un jour oui, un jour non ; un jour, tout va bien et rien ne marche, l'autre jour, on n'attend rien et tout arrive ; un jour, le monde dans la poche, et la minute suivante, trois fois rien, un grain de sable minuscule et la confiance se fait la malle, se dégonfle comme une baudruche et n'a même pas toujours l'impertinence de le faire avec bruit, ça serait au moins ça...

Aujourd'hui, voici donc une tentative de classement de ces petits ennemis minuscules qui nous mettent à terre, l'air de rien. C'est surprenant ! Nous avons réussit là où les dinosaures ont échoué et pourtant, nous nous laissons abattre par des petites choses, des détails... peut-être, justement parce qu'ils n'ont l'air de rien et que, du coup, on ne se méfie pas...

Bien sûr, chacun sa kryptonite personnelle...
Voici, simplement, un « Top 3 », complétement partial, de l'auteur de ces lignes.

« TOP 3 » des destructeurs de confiance par « Les Chroniques d'Agnès 

1 – Chéri est parti...

2 – Se faire engueuler...
Alors là, c'est surprenant ! Mais, pourtant...
Contrairement à ce qu'une légende bien installée prétend, se faire engueuler ne fait pas du bien. C'est même tout à fait le contraire ! Se faire engueuler, c'est, en quelques secondes, faire un voyage en arrière, à vitesse grand V, comme si un élastique invisible, subitement, se rétractait et nous ré-propulsait vers l'âge où une bonne engueulade était synonyme d'éducation . Et que fait notre estomac pendant ce temps ?... Il est resté à l'âge adulte !

Pourtant, ça ne devrait pas se passer comme ça... Ça ne devrait plus se passer comme ça... On est parfaitement en mesure de répondre ! On sait le faire ! Soyons même francs : on a de la répartie ; généralement, la langue plutôt bien pendue ; globalement, un avis sur à peu près tout ; prétentieusement (et faussement...), le sentiment diffus d'être légèrement plus malin que tout le monde... De plus, depuis toujours, ce qui nous importer, c'est la justice ! On ne supporte pas l'injustice ! Cela nous révulse, nous révolte et nous fait monter les larmes aux yeux ! On est dans son bon droit, et même si on ne l'étais pas, ce n'est pas une raison pour se laisser hurler dessus/traiter avec condescendance/humilier et rabaisser... par qui que ce soit !
Pourtant, se faire engueuler cueille sur place !
Sûrement parce que, quand même, ça n'arrive pas si souvent. Ça nous laisse le temps d'oublier la présence de l'élastique invisible. Ça nous laisse même le temps d'oublier qu'il est possible de se faire engueuler. D'ailleurs, dans notre monde adulte, personne n'engueule personne : on discute, parfois un peu sèchement, mais il faut ce qu'il faut !...
On ne s'attend plus à se faire engueuler. Du coup, on y est très mal préparé et quand ça arrive... ça abat !
Impressionné, bredouillant, le cerveau paralysé, aucune analyse ni compréhension de la situation et, surtout, aucune réaction appropriée... Pire qu'une gamine sermonnée dans le bureau du proviseur !
Et encore !... Si les souvenirs sont bons, à l'époque, on savait mieux y faire : le proviseur avait même doublé la punition pour « impertinence » !
Que s'est-il passé depuis ?... Les bonnes réactions ne viennent jamais au bon moment. Elles viennent deux heures plus tard. Quand, encore sous le choc, on réalise que la bonne répartie était de répondre (calmement) : « Si vous ne voulez pas qu'on vous appelle pour vous demander des renseignements, puis-je vous suggérer de retirer votre numéro de téléphone de la ligne « renseignements »... » (Rajouter mentalement, à la suite de ça, un chapelet d'insultes toutes plus imagées et vulgaires les unes que les autres, contribue également à laisser la situation à l'endroit où elle ne devrait jamais sortir : un simple incident sans importance avec un type mal embouché et mal élevé !)

Au lieu de ça... ça abat ! Merde !...

3 – Une coupe de cheveux ratée
Mais, attention... Pas une coupe de cheveux légèrement différente de celle qu'on avait espérée ; pas une coupe de cheveux qui, malheureusement, ne nous rend pas aussi séduisante qu'on pouvait s'y attendre... Nous parlons ici de LA coupe de cheveux méchamment ratée !
La coiffeuse s'est lâchée. Un moment d'inattention, une fin de demain épuisée, même pas vraiment besoin d'une coupe de cheveux, juste envie de ne rien faire et que quelqu'un soit aux petits soins pour nous, et là... C'est la catastrophe ! On somnole ; on feuillette des magazines qu'on ne feuillette nulle part ailleurs ; les choses, pense-t-on, ont été suffisamment claires : ce que vous voulez du moment que je suis belle ! Et on s'est replongé dans la vie des stars et les nouvelles tendances du printemps qui iront parfaitement à la nouvelle personne qui, d'ici, une heure, éblouira le reste du monde !
C'est là que la coiffeuse en profite, se lâche et massacre nos cheveux !
Le résultat dépasse l'entendement. On pourrait le résumer en : la pire coupe de cheveux ratée de toute l'histoire de la coiffure ! La pire coupe de cheveux ratée de l'UNIVERS !!!!!
Adieu les jolies mèches folles savamment coiffées-décoiffées pour un effet « saut du lit » naturel, mais pourtant très étudié. Bonjour les cheveux beaucoup trop courts, ce qui fait que, maintenant, tout le monde voit bien qu'un crâne, ça a une drôle de forme ; bonjour les espèces de minuscules mèches saccagées au rasoir, hérissées dans tous les sens, et qui partent dans n'importe quelle direction vu qu'aucune n'a la même longueur que l'autre ; ah, et clou du spectacle : trois pauvres mèches conservées longues sur le devant rappellent deux choses : la personne avec cette drôle de tête est une femme ; sa coupe de cheveux est un choix délibéré, pas le résultat d'une expérience scientifique qui a mal tourné !

Une coupe de cheveux ratée balaye la confiance aussi sûrement qu'un ouragan.
L'instant d'avant, tout va bien, et puis, quelques coups de ciseaux mal placés et le monde s'écroule !
C'est fini ! Notre vie sociale est finie ! Pendant des mois, il va falloir faire profil bas et se cacher ! Le spectre d'un désert sexuel ricane sous notre crâne quasiment chauve ! Et se regarder dans la glace, les larmes aux yeux, toute la journée n'y change rien ! Cela sert uniquement à se poser et se reposer cent fois cette même question surprenant : comment n'avons-nous jamais remarquer que nous étions si moche ?....

L'écroulement de la confiance, dû à une coupe de cheveux ratée passe par les cinq mêmes étapes que le deuil !

1 - Le déni
Non, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas possible ! La personne, dans le miroir en face, ce n'est pas moi ! C'est quelqu'un d'autre ! Quelqu'un d'autre, très moche, sans goût et avec un crâne bizarre !
On ne peut pas croire ce qu'on voit dans le miroir. Depuis le temps qu'on se regarde dans des miroirs, si on avait ressemblé à ça, on l'aurait remarqué !
Avec une coupe de cheveux ratée, on ne se voit plus ! On regarde son reflet dans la glace, et tout ce qu'on voit, c'est une étrangère, quelqu'un qu'on ne connait pas et qu'on ne trouve pas très attrayant. Une grosse Jeanne Mas de seconde zone avec des lunettes un peu tordues.
Ah, oui... La première conséquence de la coupe de cheveux ratée dans la perte de confiance est, bien évidemment, une dépréciation de soi-même assez violente !
Et quand la machine s'emballe, elle ne fait pas semblant.
Très vite, l'étrangère dans le miroir devient la personne la plus laide qu'on ai rencontré, celle à qui personne ne voudra plus jamais adresser la parole...
Étape ultime du déni : la coiffeuse, tout sourire, affirme que ça nous va très bien, et... on la croit !
Allons, ce n'est pas si catastrophique, c'est juste... différent et... audacieux et... totalement raté, loupé et laid !
L'étape du déni est brève, mais dévastatrice : la coupe de cheveux ratée brouille l'image réelle de soi. C'est un coup porté à l'intégrité physique, morale et psychologique. La vrai nous est remplacé par un fantôme !

2 - La colère
Contre la coiffeuse : passons les détails, juste simplement, notons au passage qu'on ne savait pas qu'on avait toutes ces pulsions meurtrières en nous... S'en occuper, vite, avant que ça ne pose problème !
Contre soi même : Voilà ce que c'est que d'être distraite pas les magazine people et par la vie de Nathalie Portman (qui, soit dit en passant et suprême injustice, est tellement ravissante que même le crâne chauve lui va bien !)
Voilà ce que c'est que d'oublier un instant qu'on n'est pas Nathalie Portman ! Parce que si on était Nathalie Portman, ça se saurait : on aurait une maison à Malibu, un loft à Manhattan, on sortirait avec des stars, et l'armée de professionnels chargés de veiller sur notre beauté serait plus que compétente !

3 – Marchandage, phase de négociation, chantage
Alors, tout ce qu'il reste à faire, c'est, la rage au ventre, d'essayer de composer, de s'adapter et de trouver une solution alternative.
Avec un foulard, ça devrait aller. Et c'est parti pour perdre trois heures de son temps à chercher sur le Net les différentes manière de nouer un foulard !
Et puis, on fait le tour de sa penderie et on rassemble tous les couvre-chefs enfouis au fond des placards.
Foulards, casquettes, chapeaux, bonnets... Oublions les barrettes, pas assez de cheveux... On essaye tout, on tente, on s'impatiente, on panique, jusqu'à ce que la cruelle vérité apparaisse : on ne va pas pouvoir de trimballer avec un bonnet en laine datant de notre période grunge (1991 – 1994) tous les jours pendant des mois en attendant la repousse !
Et c'est là que la quatrième phase de la perte de confiance passe à l'attaque...

4 - Dépression
En une heure : tout s'écroule. Une grande tristesse nous envahie. Il n'y a même plus de remise en question. Nous ne sommes plus qu'un bloc de détresse avec juste une envie : se cacher sous la couette pour le reste de notre existence, dormir... dormir et oublier ce cauchemar !

5 – Acceptation
Et puis, comme rien ne dure et qu'il le faut bien, arrive le moment de l'acceptation...
Tant pis... Que ça aille, que ça n'aille pas, de toute façon c'est ça...

Et puis, avec un peu de chance, toute cette histoire de confiance n'est qu'une question de temps... Elle reviendra, un autre chéri se rencontrera, la prochaine engueulade, c'est nous qui crierons plus fort que tout le monde, les cheveux repousserons...

Qu'est-ce qui se dit, déjà ?... Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts ?...

C'est ça, ouais....

Par agnesyob
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 21:57
L'hiver n'a pas dit son dernier mot...
Aspirine, chauffage, couette et sieste...
A dimanche prochain en forme...
Par agnesyob
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 18:57
Ce n'est une nouveauté pour personne : ces Chroniques, régulièrement, reviennent sur un sujet qui leur tient à cœur : la lose flamboyante, les losers magnifiques, les seconds de la classe merveilleux et, même, les derniers de la classe là-bas, tout au fond, près du radiateur...

La perfection est une notion largement surévaluée !
D'abord, c'est un leurre, une sorte de légende urbaine ! On en entend parler depuis des siècles, il y a toujours un copain à qui un copain a dit que le cousin de son copain... blabliblablou... Mais ça n'a jamais été prouvé !
D'autre part, la perfection est une menteuse : elle brille comme le Saint Graal, elle promet monts et merveilles, amour, gloire et beauté, richesses et vie éternelle si on l'atteint.
Résultat des courses : Gollum ! Défiguré, dévoré de l'intérieur à force de vouloir l'Anneau, incapable de se rappeler qui il a été, incapable même de dire pourquoi il désire tant ce fichu Anneau qui ne lui amène rien, excepté une béatitude mensongère.
Et puis, surtout, la perfection est un dictateur !
Un dictateur sans pitié, qui impose sa loi en faisant régner la terreur. Un tyran qui n'hésite pas à écraser les dissidents, à les exclure, à les emprisonner. Comptant pour cela sur une milice nombreuse et bien organisée !

(Parfois, quand l'exaspération gagne, ça fait du bien de s'égarer dans les métaphores !)

Aujourd'hui, et encore une fois, « Les Chroniques d'Agnès » veulent faire acte de résistance.
La perfection peut être contrée et combattue. Elle doit l'être. Ne serait-ce que pour donner au plus grand nombre la possibilité de respirer librement.
Une attaque frontale est vouée à l'échec ! Les forces en présence sont trop inégales.
Par contre, des petites choses, de ci, de là, peuvent, tout doucement, fissurer le règne de la perfection, l'affaiblir et, c'est toujours ça de gagné, la faire trembler un instant sur son piédestal.

Prenons l'exemple de « la blague pourrie »
Qu'est-ce donc que la blague pourrie ?... Que les choses soient claires tout de suite : EN AUCUN CAS, il ne s'agit d'une des ces histoires, supposément drôles, mais le plus souvent vulgaires, misogynes, racistes ou homophobes (voire les quatre à la fois...) dont certaines personnes se sont fait une spécialité, au point de tenir des « carnets de blagues » comme d'autres leur journal intime...
La blague pourrie, la vraie, est un exercice bien plus subtil et bien plus délicat.
La blague pourrie (aussi appelée « blague rance », « pauvre blague » ou « Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle... ») est un mélange de second degré (voire de troisième ou, même de quatrième degré...), d'esprit (souvent mauvais), de mauvais timing, de spontanéité qui mériterait un peu plus de retenue et d'une attitude globale impliquant manque de confiance, mal à l'aise, et envie d'aller aux toilettes.

Vous l'imaginez aisément : en pleine dictature de la perfection, la blague pourrie est l'ennemi à combattre !
Raison de plus pour en faire !

Le beau qui assure...
Beau ; jeune ; à l'aise ; jeune ; plein d'assurance ; jeune ; beau métier, beaux habits, belle voiture ; jeune !
Voilà résumés les éléments d'une vie réussie, une vie parfaite !
Vous êtes autorisé à bailler !...
Dans ces conditions, pas étonnant que la dépression fasse tellement d'adeptes. Sans rire !... N'importe quoi, pourvu que ça permette de s'échapper ! Voilà donc les promesses de la perfection : un schéma à mourir d'ennui, d'une platitude à mourir d'ennui, et ensuite, et bien, vous mourez... d'ennui !
Vite ! Une blague pourrie pour se sortir de ce marasme :
Rencontre dans un Festival de Musique. L'auteur de ces lignes, accompagnée de deux amis, rencontre un copain (connu de nous trois), lui même accompagné de deux copains (inconnus de tout le monde, excepté du copain en question...) Ça fait beaucoup de copains, mais c'est normal, c'est la fête !
Les présentations se font et l'annonce de chaque prénom s'accompagne d'un petit geste désignant son propriétaire (pour ne pas se mélanger les pinceaux...)
La seule fille du lot courait le risque d'échapper à tout risque de confusion. Triste !... Ennuyeux !... Encore une présentation bateau, des prénoms oubliés dans la demi-seconde, des salutations qui s'échangent sans conviction, sachant qu'à peine effleurées, les mains sont déjà oubliées...
Que s'est-il passé ?... Le Festival, toute cette pression... Sûrement !
Lors du très traditionnel : « Inconnu n°1, je te présente Baptiste et Agnès ! », Inconnu n°1 en question a spontanément tendu sa main vers le supposé Baptiste, avec un petit sourire entendu : « Ah... Baptiste, donc... »
C'était sans compter sur Agnès qui, subitement, s'interpose sans raison apparente entre sa main tendue et Baptiste, se saisit de la main et la secoue vigoureusement en rectifiant avec un grand sourire : « Non, non... Baptiste, c'est moi ! »
Blague pourrie !...
La suite était prévisible : le jeune beau à l'aise a retiré sa main avec une lueur de pitié incrédule dans les yeux, suivie très vite d'un mouvement de recul devant les spasmes d'hilarité incontrôlés de l'auteur de ces lignes. (Élément très important de la blague pourrie : rire soi-même de sa propre blague, si possible avant la fin et, ainsi, la gâcher !)
Et puis, il est parti vite en se disant, peut-être, qu'il venait de rencontrer la nana la plus conne du Festival, et qu'il n'en revient pas, vu que d'habitude il a plutôt de la chance côté nana... Rapport à ses belles fringues, son super boulot, sa belle gueule, sa confiance en lui... sans oublier qu'il est jeune !

La perfection aime les choses rentables. Ça doit rapporter, sinon, ça ne sert à rien ! Argent, assurance, prestige, admiration, amour... N'importe quoi, pourvu que ça rapporte.
La blague pourrie ne rapporte rien : c'est un acte totalement gratuit, spontané et inutile.
Pas étonnant qu'elle n'ait pas la côte. Si, en plus, on considère que la plupart du temps, elle n'est même pas vraiment drôle (quand elle ne s'écrase pas lamentablement...)

Alors ?... Pourquoi continuer à en faire ?...
Pour un tas de raisons, dont la principale est : résister à l'ennui imposé !
Aller dans le bon sens est relativement simple : le bon sens de change jamais de direction. Une fois qu'on l'a identifié, on peut y aller, tant qu'on ne sort pas de la route, ça roule ! Et, en plus, comme ça, on a plein d'amis brillants avec lesquels on peut avoir des conversations brillantes sur des sujets, limités mais brillants (le « tout bio » en ce moment... Tiens, une prochaine Chronique !) dans des fêtes brillantes où tout est parfait...
Que d'énergie dépensée dans le contrôle de soi, quand on y songe !... Rien que de l'écrire, ça épuise !

Allez ! Une bonne petite blague pourrie pour dynamite tout ça et faire trembler un peu le si parfaitement correct et consensuel... Et, enfin, respirer un peu !
La tentation est forte de raconter une blague vraiment pourrie, impliquant des lignes de trains à grande vitesse, des montagnes saccagées et des moutons exterminés, mais elle fut, en son temps, tellement mal comprise, que le risque de perdre des lecteurs est trop grand...
Alors, voilà une autre blague pourrie, exemplaire celle-là. Tellement exemplaire d'ailleurs, qu'elle ne savait même pas qu'elle était une blague et encore moins une blague pourrie.

LA FEMME
(Sans humour ! Du tout ! N'a pas le sens de l'humour ! Ne fait jamais d'humour ! Ne l'identifie jamais ! Ne comprend pas quand les gens en font ! Ne comprend toujours pas, même après qu'on lui ait affirmé que si, si, c'est bien de l'humour ! Ne voit jamais « ce qu'il y a de drôle... »)
Tiens ! Mercredi dernier, je suis allée à l'enterrement de Monsieur Fernandez, le voisin !

LA BELLE FILLE
(Pleine d'une soudaine compassion pour le dit Monsieur Fernandez)
Oh !... Mais qu'est-ce qui lui est arrivé ?

LA FEMME
(N'en revenant pas que son fils ait épousé une idiote pareille)
Et ben... Il est mort !

Les meilleures blagues pourries sont celles qui s'ignorent.
Et, gentiment aussi, ce sont les plus subversives. Il fallait s'attrister, présenter ses condoléances, s'inquiéter pour la veuve...
Mais, grâce à une blague pourrie qui ne savait pas qu'elle en était une mais qui, l'air de rien, savait parfaitement ce qu'elle faisait, la vie de Monsieur Fernandez, gentil voisin, homme aimable qui offrait des paniers de prunes, fut instantanément et très respectueusement, célébrée et honorée par un immense éclat de rire général.

LA FEMME
(Agacée. Finalement, ce n'est pas que la belle fille. Ils sont tous idiots dans cette famille...)
Mais quoi ?... Pourquoi vous riez ?... Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?...

La blague pourrie est drôle, pas toujours en tant que telle, mais en tant que concept.
C'est une subversion qui n'avoue pas son nom ; d'une élégance triste et subtile qui s'ignore et, toujours, d'une bienveillance infinie pour ceux qu'Albert Cohen appelait très justement « nos frères humains ».

Alors, n'hésitons plus. Voici le premier concours de cette nouvelle saison des « Chroniques d'Agnès » : Racontez vos meilleures blagues pourries, les plus absurdes, les plus improbables, les plus gros plantons de l'histoire de l'humour.
Les meilleurs blagues pourries, les plus élégantes, les plus pertinentes et les plus impertinentes gagneront... Allez tiens ! Un verre avec l'auteur de ces lignes, quelque part dans le monde, où que vous vous trouviez !...

A vos plumes !
Par agnesyob
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 17:57
Alors là... C'est une première !
Une recette de cuisine dans « Les Chroniques d'Agnès » ! Qui l'eut cru ?...
La dernière expérience culinaire de l'auteur de ces lignes remonte à quelques années et se résume à une tarte au citron brûlée pour le Réveillon du Jour de l'An 2005.
Avant ça, il y avait eu... pas grand chose. En tout cas, rien de notable et, surtout, rien qui ressemble de près ou de loin à la belle photo appétissante de la recette.

Cependant, il est temps de s'y remettre !
Le travail sur Londres se poursuit. Petit à petit, le guide s'étoffe d'histoires diverses et variées sur tel ou tel aspect de la capitale anglaise. Comme tout guide, celui-ci se doit d'offrir à ses lecteurs une partie pratique.
Alors, allons-y pour la partie pratique ! Le voyage fut l'occasion de découvertes culinaires qui méritent d'être relatées.
Et puis, malgré de désastreuses expériences avec des casseroles, il n'y a pas de hasard : depuis des années, les seuls souvenirs rapportés de nombreux voyages autour du monde ont été, et sont toujours, des livres de recettes !

Le Fudge

Il ne faut pas exagérer !
La cuisine anglaise a, encore et toujours, très mauvaise réputation, mais... Il ne faut pas exagérer !
C'est comme partout : il y a des choses qui, rien qu'à l'évocation de leur nom, mettent l'eau à la bouche et les pieds sous la table et il y en a d'autres... surprenantes, étranges, et, comment dire ?..., culturellement et gastronomiquement un peu trop inscrites dans l'histoire du pays pour qu'un visiteur puisse les apprécier vraiment en quelques jours...
Parce que, c'est ça la cuisine ! Un bout d'histoire servi, chaud ou froid, dans une assiette.

En ce qui concerne la cuisine anglaise (du moins, ce que nous en avons connu...), le moins que l'on puise dire, c'est, qu'en règle générale, elle tient au corps ! Question de géographie et, surtout, de climat... Enfin, on le suppose... Il y a du bon, du moins bon, des spécialités étonnantes et succulentes, mais aussi des goûts et des consistances trop bizarres, même pour les aventuriers de la fourchette que nous sommes.
Toujours est-il qu'un bon gros plat, quand il fait froid et que les pieds sont trempés depuis des heures, ça fait du bien !
Alors, il ne faut pas exagérer : la cuisine anglaise a vraiment du bon !
Même si, parfois, c'est la cuisine anglaise elle-même qui exagère !

Prenons l'exemple du Fudge.
Qu'est-ce que le Fudge ?...
Soyons directs : le Fudge est une gourmandise, spécialité anglaise, franchement décadente !
C'est, en résumé, un condensé de tout ce que les médecins et nutritionnistes déconseillent formellement d'ingérer, même en petite quantité !
Du sucre (beaucoup), du gras (pas mal) et encore un peu de sucre pour faire bonne mesure ! Le tout compacté en une pâte molle et fondante, de la consistance d'une brique !
Par son aspect extérieur, le Fudge ressemble à du caramel, mais, pour ceux à qui ça parle, il s'apparenterait plus à de la confiture de lait solidifiée, à laquelle on aurait rajouté du beurre et du sucre (pour la rendre plus épaisse) !
Autant dire que ce n'est pas vraiment ce qui se fait de plus léger, ni de plus digeste. C'est gras, c'est lourd, abominablement sucré, délicieux et écœurant à la fois... Bref, de la culpabilité en carré !
Il n'y a pas qu'une sorte de Fudge. Il en existe des variantes innombrables : chocolat, amandes, noix, sirop d'érable, beurre de cacahouète (là, c'est vraiment trop abuser ! A réserver à ceux qui estiment n'avoir plus rien à perdre !)...
Bref, on peut faire du Fudge à n'importe quoi, du moment que c'est sucré et super calorique !

Question : Comment se sent-on après avoir mangé du Fudge (ou, plus exactement : comment se sent-on après après s’être enfilé une boîte entière de Fudge en attendant l'affichage de son avion à l'aéroport ?...)
Réponse : Légèrement nauséeux !

Voici la recette du Fudge. Nous l'avons choisit la plus sobre possible, mais, croyez-nous sur parole, c'est déjà quelque chose !

1.jpg

Fudge à la vanille
Pour 450g de Fudge.
Ingrédients :
450g de sucre
50g de beurre
150 ml de lait concentré non sucré
150 ml de lait
Quelques gouttes d'essence de vanille

Graissez un moule en métal de 15 centimètres par 15 centimètres.
Mettez le sucre, le beurre et les laits dans une casserole à feu doux jusqu'à ce que le sucre se soit dissous et que le beurre ait fondu.
Portez à l'ébullition et faites bouillir pendant 20 min, en remuant de temps en temps. Prenez une boule de préparation et mettez-la dans de l'eau froide. Si elle forme une boule dure, enlevez la casserole du feu.
Ajoutez l'essence de vanille et mélangez jusqu'à ce que le mélange devienne épais et crémeux et soit granuleux, c’est-à-dire jusqu'à ce qu'il forme des cristaux.
Versez immédiatement dans le moule. Laissez-le refroidir.
Quand le Fudge est ferme, découpez-le en carrés.

Vous pouvez, bien sûr, varier la recette et les parfums (Rhum, raisins café, noix...) Il suffit de mettre ce que vous voulez à la place de l'essence de vanille...
Sans perdre de vue le principe de base : plus c'est sucré et calorique, mieux c'est !

Toutes les recettes de ce guide ont été non seulement dégustées et appréciées sur place, mais aussi réalisées une fois rentrée à la maison.
Voici donc ce qu'il advint lorsque deux voyageurs audacieux réussirent à mettre enfin la main sur leur unique casserole, tellement bien rangée qu'ils ne savaient plus trop où elle était, mais ils étaient quasiment sûrs d'en avoir une...)

Ils ont, tout d'abord, commencé par prendre quelques libertés avec les proportions.
Francisco, tu sais à quoi correspondent les millilitres ?... Non ?... Moi non plus !
Mas o menos, ça ira !...
D'autre part, les 450g de sucre sont délicats à assumer ! En enlever un peu, l'air de rien, aide à se sentir moins coupable.
Autre problème : le beurre est congelé ! Pour en obtenir 50g, il n'y a pas d'autre solution que de le râper ! Et maintenant, des petits bouts de beurre congelé se baladent à la surface de la préparation et paraissent ne jamais vouloir se dissoudre. Rien à dire : conserver le beurre au congélateur est mon idée !...

Une fois ces premiers obstacles franchis, l'affaire se corse rapidement. La recette devient technique et la panique gagne. Il faut surveiller la température (qui est, paraît-il, la clef de la recette !) Comment surveille-t-on une température ?... En y trempant le doigt ?... Ok, c'est chaud et ça brûle ! A part ça... C'est bien, c'est mal, c'est trop, pas assez ?... Mystère total ! D'autre part, fixer une casserole en ébullition pendant 20 minutes fait partie des raisons pour lesquelles la casserole en question est trop bien rangée !
Une suggestion : jouer du Ukulele en regardant, de temps en temps, des petites bulles exploser aide à faire passer le temps !... Sauf que... Une préparation qui bout à tendance à monter et à déborder. A retenir pour la prochaine fois : trouver une plus grande casserole ! Et celui qui perd à la courte paille récure la gazinière !

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La partie « Petit Chimiste » de la recette complique encore les choses. Au bout de 20 minutes de bouillon, il faut prendre une boule de préparation et la plonger dans l'eau froide en espérant que, par un miracle inexplicable, elle forme une boule dure...
C'est mal parti : Au bout d'1/2h de gros bouillon, la préparation est toujours aussi liquide. Aucun moyen d'en « prendre une boule ». Plongée dans l'eau froide, tout ce que ça fait, c'est que... ça se mélange à l'eau froide !
Trop de lait au démarrage, peut-être...

Cependant, les choses évoluent. Voici maintenant le stade du sirop. Sirop certes un peu épais, mais pas solide du tout et, en tout cas, très loin de former la fameuse « boule dure ».
Par contre, ça commence à bien caraméliser. Attention, tout de même à ne rien laisser brûler. Remiser le Ukulele pour le moment, et concentrer toute son attention sur la suite des évènements.
Visiblement, le problème du « trop liquide » résultait simplement d'un manque d'ébullition. Au bout de quelques minutes supplémentaires, la seconde tentative de « boule dure » semble fonctionner.
Par contre, le côté « épais et crémeux » est laissé à l'appréciation de chacun.
Nous, ça ne nous paraissait pas suffisamment épais et crémeux, et, en tous cas, pas du tout « granuleux ». Alors, nous avons pris l'initiative de remettre la casserole sur le feu après avoir intégré la vanille et, à tour de rôle, nous avons touillé jusqu'à en avoir mal aux bras. Mais chacun fait comme il veut...

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Touille, touille, touille... Et toujours pas de cristaux !
D'ailleurs, qu'est-ce que la recette entend exactement par « cristaux  ?... Au bout d'un long moment de « touillage » intensif, toujours aucun cristaux. Par contre, des grumeaux semblent (vaguement) apparaître.
Bon ! Ne jouons pas sur les mots : cristaux, grumeaux, même combat ! Allez hop ! La préparation se déverse mollement dans le plat carré (huilé, bien sûr !) On verra bien ce que ça donne.

Et, oh, surprise !... Ca donne bien !
La couleur est bonne. La consistance épaisse et solide. Le récurage en règle du fond de la casserole le confirme : c'est du Fudge ! Lourd, compact et sucré comme il faut !

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La dernière étape de cette expérience culinaire consiste, après refroidissement, à découper la préparation en carrés et à la déguster en scientifiques prêts à tirer leurs conclusions.
Conclusions que voici :
- Attention ! Le Fudge, c'est une bombe !...
- Pour donner un ordre d'idée : c'est pire que le Nutella à la petite cuillère. Et par « Nutella à la petite cuillère », il faut, bien sûr, entendre : « le POT de Nutella à la petite cuillère » !...
- C'est addictif : on n'en peut plus, la gorge est tapissée de sucre, l'estomac est prêt à exploser, mais on ne peut pas s'arrêter d'en manger !...
- Une vie entière de yaourts à 0% et de poissons/haricots verts vapeurs ne rattraperont pas le coup !

- Le Fudge est une tuerie !... littéralement !

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Par agnesyob
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